Bocal del Toro vs San Blas : le duel !

Le choix du Panama comme destination peut surprendre, par rapport à ses plus touristiques voisins que sont la Colombie ou le Costa Rica par exemple. Vous découvrirez plus tard par quoi il a été dicté, ou comment faire un teasing de folie pour mon troisième article.

Et au final, il faut reconnaître une qualité au Panama par rapport aux autres pays d’Amérique latine : une énorme variété d’îles ! Je pourrais citer Boca Chica, Isla Grande, Coiba, Taboga, Escudo de Veraguas, las Perlas et d’autres, mais quelqu’un qui part au Panama pour une durée réduite et reste sur des itinéraires mainstream va souvent se poser la question : San Blas ou Bocas del Toro ? Bonne nouvelle, j’ai fait les deux !

 

Bocas del Toro

Bocas se situe à l’extrême nord-ouest du pays, tout prêt de la frontière costaricaine, et beaucoup de voyageurs rencontrés venaient d’ailleurs ici un road-trip au Costa Rica. S’y rendre est long mais relativement facile : bus jusqu’à Almirante, un trajet qui est possible de nuit depuis ou vers Panama City, puis bateau pour traverser la baie. Il y a aussi un aéroport sur Colon avec plusieurs vols intérieurs chaque jour.

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Colon, c’est l’île principale – à ne pas confondre avec la ville du même nom qui est pas là du tout et accessoirement très déconseillée. Les bateaux et les avions arrivent ici, et ensuite il faut prendre des bateaux-taxis si on veut se rendre sur les autres îles.

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J’ai séjourné sur celle-ci, pour la facilité et l’animation, mais ceux qui veulent un coin plus calme trouveront une bonne offre d’hébergements sur la deuxième île : Bastimentos. Plus calme, moins animée, plus jolie, mais aussi plus chère et moins bien desservie. Plus craignos selon certains aussi. Mais il y a effectivement des hostels isolés qui envoient du rêve :

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Globalement, Bocas offre des plages, des endroits dense en végétaion où on se croirait au fin fond de la jungle – même s’ils ne sont en réalité pas si étendus que ça, et voilà pour l’essentiel. Je recommande particulièrement de prendre un bateau-taxi pour se rendre à la plage privée de Red Frog Beach, très belle plage qui s’atteint après une petite traversée de la forêt.

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Vous n’échapperez probablement pas ici aux vendeurs de « tours » tout compris et honnêtement, c’est plutôt d’un bon rapport qualité-prix – surtout après négociation. Celui que j’ai pris m’a coûté 25$ pour une petite journée de bateau qui commençait par un passage à Dolphin Bay, à proximité des dauphins

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…d’une petite île où l’on voit quelques paresseux

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…avant une petite session de snorkeling où je me suis dispensé de photos, ayant déjà noyé un Iphone bêtement il y a deux ans. Ce n’est pas la meilleure partie du tour, les fonds sont jolis mais pas ouf. Pas tant de poissons que ça, quelques coraux mais un peu abimés. J’ai vu mieux au Cambodge ou en Nouvelle-Calédonie.

Après un passage sur une île-restaurant (un peu cher, mais bon, et pas obligatoire si vous avez fait suivre un sandwich) on se rend à Cayos Zapatilla, une plage qui serait magnifique si tous les tour-operators n’y emmenaient pas tous leurs clients. Du coup on s’y sent un peu à l’étroit, dommage, car le cadre est magnifique – même s’il ne vaut pas Red Frog.

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Et on termine par un passage sur une île connue pour être entourée de nombreuses étoiles de mer, que je vois donc pour la première fois de ma vie.

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Au final, Bocas del Toro, c’est loin, mais c’est beau. Mais c’est loin. Un petit regret, outre la météo mitigée : ne pas être arrivé ici le vendredi (mais le samedi). C’est le jour du Filthy Friday, qu’on pourrait résumer comme un immense Pub Crawl où la tournée des bars se fait sur des îles différentes et donc en bateau ! L’ambiance a l’air sympa… Une autre fois peut-être ?

 

San Blas

Avec l’archipel des San Blas, on est vraiment dans un tout autre style. Déjà, il est quasiment obligatoire de passer par une agence locale (quasiment tous les hôtels le proposent…) pour organiser son séjour là-bas. Le forfait incluse alors le long transport en 4×4 (dont une bonne partie sur une route bien défoncée en pleine jungle) depuis Panama City, le transport en bâteau jusqu’à l’île choisie, les repas durant tout le séjour et une activité chaque après-midi, qu’on ne choisit pas en principe.

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Un peu d’histoire-géographie ? Il y a plus de 300 îles aux San Blas en comptant les minuscules îlots, 15 % d’entre elles sont habitées. Elles le sont par les Kunas, les descendants des amérindiens qui ont fui le Panama lors de l’invasion espagnole. Ils parlent un espagnol un peu bizarre et bénéficient d’une large autonomie. Il faut d’ailleurs payer une sorte de taxe (20$) pour rentrer sur leur territoire et présenter son passeport à l’aller comme au retour. Le raison étant aussi que certains passent en bateau des San Blas à la Colombie et vice-versa, et il n’y a évidemment aucun contrôle sur ces îles pour ceux qui arrivent de Colombie. Les Kunas étaient traditionnellement très ancrés sur leurs traditions et peu ouverts au monde extérieur, mais ils développent le tourisme depuis quelques années seulement… après avoir compris que ça peut rapporter gros et financer leurs projets ambitieux (université, électricité…).

Toutes les îles qui nous sont accessibles appartiennent à un ou plusieurs propriétaires, et le choix est fonction de ce que l’on demande à l’agence, et des partenariats qu’elle a. Si comme moi vous n’en avez aucune idée, ils vous demandent votre budget, si vous voulez un dortoir ou une chambre privée, si vous préférez être sur une île qui accueille plutôt des familles avec enfants, des couples ou des backpackers plus festifs. C’est ainsi que la backpacker solo à petit budget pas dérangé par les dortoirs que je suis s’est retrouvé sur Ina, pas déplaisante.

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Des plages partout, mais pas de wifi, pas d’électricité ou presque (seul le restaurant est équipé d’un petit groupe électrogène et peut charger vos téléphones à tour de rôle), rarement de l’eau chaude, pas de magasins, de McDos, de bowlings, de casinos. Pour manger, il faudra vous contenter des repas (plutot copieux mais on choisit pas ce qu’on mange !) et de vos provisions. Ils ne vendent rien à manger, uniquement des boissons (bières, sodas, eau, rhum).

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Puisqu’on ne choisit pas l’activité, j’attendais impatiemment de savoir où ils allaient nous emmener. La piscine naturelle est une sortie fréquente, ainsi que Isla Estrella, qui est entourée d’étoiles d emer. Plusieurs spots de snorkeling existent aussi, ainsi qu’un étonnant ilot minuscule qui se résume en gros à une large bande de sable au milieu de rien. Mais aucun de ceux-là pour moi. J’ai eu droit à Isla Pelicano.

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Un nom donné par rapport au grand nombre de pélicans dans le coin, mais ce n’est pas pour les pélicans que l’île est particulièrement connue. Surtout en pleine flotte comme ici. Non, elle est surtout connue pour… ATTENTION GROS SPOILER pour ceux qui n’ont pas vu la saison 3 de la Casa de Papel ! Toujours là ? Bon. Alors c’est l’île où les personnages Rio et Tokyo se sont réfugiés au début de la troisième saison !

Dommage pour la météo, mais cette sortie était géniale et globalement le petit séjour aux San Blas l’était. Mon seul regret ? N’y être resté qu’une seule nuit, surtout qu’il faisait beau le lendemain, et que le prix d’une nuit supplémentaire ne représente pas grand-chose par rapport au coût du transport, de la taxe d’entrée…

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Le verdict ? Bocas offre une bonne variété de paysages mêlant la jungle avec de très belles plages, des fonds marins intéressants. Elle est relativement facile d’accès et, sur l’île principale, propose un grand choix d’hébergements et d’activités, le tout dans une ambiance caribéenne très festive.

Vous sentez venir le mais ?

MAIS en effet, ça reste l’équivalent de ce qu’est capable de vous fournir n’importe quelle île des Caraïbes, que ce soit Cuba, la Jamaïque, la République Dominicaine, les Keys, nos DOM français et d’autres. Ce n’est pas désagréable en soit, loin de là, mais ça n’a rien d’unique. Les San Blas, si. Alors c’est plus difficile d’accès, c’est un autre budget, c’est un endroit où il vaut mieux avoir un bon bouquin surtout si la pluie est au rendez-vous… Mais victoire haut la main pour elles quand même.

 

Les bonnes adresses :

Valerie Emanuel Apartments (Bocas) : le seul logement de toutes les vacances où j’ai eu une chambre pour moi tout seul, pour être sûr de bien dormir avant le retour en Europe après avoir enchaîné les dortoirs. Ça valait bien le petit surcoût. Le hamac sur la terrasse est appréciable et l’établissement a l’avantage d’être excentré de la rue. Celle-ci n’est qu’à vingt mètres mais on a presque l’impression d’être dans la forêt !

 

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Mamallena Hostel (Bocas) : une auberge en dortoir cett fois, où je n’ai donc pas séjourné… Mais j’ai eu l’occasion de la visiter pour rencontrer une voyageuse solo qui était sur place et elle était charmante (l’auberge, bien sûr) ! Un bar animé qui fait quelques snacks, un ponton qui permet de plonger directement dans la mer pour les plus audacieux, des tours organisés à de très bons prix…

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