Tokyo sans hôtel

Etape incontournable d’un premier voyage au Japon – surtout quand c’est là qu’on arrive et de là qu’on repart, Tokyo est l’endroit où nous avons passé le plus de temps… le premier jour et la première nuit, puis les quatre derniers jours (avec certes un aller-retour à Takao au milieu). Ce n’est pas dans mes habitudes de consacrer autant de temps à une capitale, à part peut-être Kigali au Rwanda… Mais au final, c’est sans regret tant il y a de choses à faire et à voir ici ! Difficile, d’ailleurs, de présenter autrement la capitale que par « quartiers ».

Shinjuku

Ce n’est pas le centre géographique, honneur réservé au Palais impérial et à ses jardins (fermés en grande partie…), mais Shinjuku est sans doute le vrai centre-ville de Tokyo. Les 3,5 millions de passagers qui y transitent quotidiennement en feraient la première gare du monde. A relativiser : les 23 gares les plus fréquentées du monde sont en fait toutes japonaises…

C’est évidemment un de ces quartiers ultra-modernes où l’on trouve des buildings immenses, des enseignes lumineuses partout, des salles d’arcade, des prostituées, des combats de robots…

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Une petite visite insolite : le Golden Gai, un petit quartier-dans-le-quartier où s’entassent environ 200 bars minuscules. Les plus grands peuvent accueillir à tout casser une dizaine de personnes. Chaque bar a sa personnalité et certains ne sont qu’un repère d’habitués, mais dans l’ensemble j’ai quand même trouvé que c’était assez touristique : ils sont nombreux à afficher les prix à la porte et en anglais par exemple…

Histoire de mêler une fois de plus « modernité et tradition », on soulignera quand même qu’au milieu de tout ça, on trouve aussi Shinkuku Gyoen, un des deux plus beaux jardins que j’ai visité au Japon !

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Les quartiers animés et touristiques sont plutôt à l’est de la gare, l’ouest est plutôt un centre administratif/financier, un peu l’équivalent de La Défense. Cependant, je conseille d’y aller pour une chose : l’hôtel de ville. L’accès au dernier étage de ses deux immenses tours est possible – et gratuit ! – et permet d’avoir une belle vue panoramique de la ville, y compris de nuit.

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Shibuya

Autre quartier très animé, semblable à Shinjuku (que j’ai préféré néanmoins). Peut-être un peu moins branché business et un peu plus jeunesse/magasins. On y voit le fameux passage piéton en diagonale, l’un des (le ?) plus fréquentés du monde.

Je ne suis pas sûr que le quartier vaille le détour, hormis pour voir le fameux passage piéton, ou si on veut vraiment voir un magasin spécifique (l’immense Disney Store par exemple). Si c’est juste pour les boutiques, les lumières, les restaurants et les boîtes de nuits, Shinjuku fait l’affaire.

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Ah, à moins que… C’est à Shibuya que se trouve Love Hotel Hill, une rue (qui monte et descend, d’où son nom) où se trouve une concentration improbable de love hotels, ces établissements qu’il est possible de louer pour une ou quelques heures si vous voulez faire une partie de bataille navale à deux.

Entre Shinjuku et Shibuya, on n’a pas spécialement visité le quartier d’Harajuku – qui ravit surtout les amateurs de cosplay – mais on s’y est quand même arrêté pour voir le Meiji-Jingu, prétendument plus beau temple de Tokyo.

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Je dirais que c’est à voir pour quelqu’un qui ne visite que Tokyo, mais si vous vous êtes baladés un peu ailleurs dans le pays (et notamment à Kyoto), vous avez probablement vu mieux ailleurs…

Tsukiji

On s’éloigne de l’ouest ; direction le sud de la ville où se trouve rien de moins que le plus grand marché aux poissons du monde.

J’ai trouvé le marché lui-même très touristique. Pour visiter la partie intéressante (et notamment la halle aux thons), le nombre de place par jour est hélas très limité, et il faut se lever tôt… et être sur place avant les premiers métros en gros. Donc à moins de dormir dans le coin ou de prendre un taxi, c’était injouable.

La copie de la Tour Eiffel, j’ai nommé la Tour de Tokyo, est dans le coin.

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Odaiba

Île artificielle au sud de Tokyo, Odaiba accueille des centres commerciaux, des hôtels de luxe et des grands buildings, dont celui – impressionnant – de Fuji TV.

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On s’y rend en empruntant la Yurikamome Line, une ligne privée aérienne entièrement automatisée qui offre une belle vue du quartier, et passe sous le Rainbow Bridge. Illuminé à la tombée de la nuit, ce pont est, avec la petite reproduction de la Statue de la Liberté, la principale raison qui peut vous pousser à vous rendre là-bas hors des périodes propices à la baignade.

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Vous noterez qu’avec le bon angle on réussit même à faire un triplé avec, en filigrane, la Tour de Tokyo qui apparaît au loin…

De l’autre côté du pont, la vue est moins jolie mais on peut en profiter pour visiter le jardin Kyu Shiba Rikyu. Encore un des innombrables jardins de la capitale, mais encore une fois pas le plus moche. Beaucoup de tortues dans le coin !

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Maihama

Se rendre au Japon sans faire un tour dans un de leurs parcs d’attractions eut été quasiment criminel, pour un aficionado des coasters comme moi ! Ce n’est pas Orlando, mais les japonais sont plutôt friands de parcs à thèmes (il suffit d’aller faire un tour à Disneyland Paris pour s’en convaincre…) et sont plutôt bien équipés sur place.

J’ai longtemps hésité sur le parc à visiter. Un parc « américanisé » (Disneyland Tokyo, Universal Osaka…) ou un plus typique, comme le Fuji-Q Highland ? J’ai finalement opté pour DisneySea, le « deuxième » parc Disney du pays – équivalent de notre Walt Disney Studios – qui a la réputation d’être le seul vraiment différent de tous les autres parcs de la franchise dans le monde.

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Bien que la mer soit un élément important du décor, comme son nom l’indique, n’espérez pas y trouver un parc aquatique ! C’est un parc classique composé de plusieurs lands qui sont en fait les ports de différents pays (Italie, USA, péninsule arabique…). Chacun a sa propre personnalité, mais tous ont des décors vraiment formidables, pas forcément estampillés Disney d’ailleurs.

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Et les attractions dans tout ça ? On retrouve quelques déjà-vus, dont la Tower of Terror qui offre ici sa meilleure version selon les spécialistes – une histoire de séquençage aléatoire alors qu’à Paris ou aux US la séquence est toujours la même.

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Et pas mal d’exclusivités à côté de ça, en tout cas par rapport à ceux que j’ai déjà visités. 20.000 lieux sous les mers, Nemo SeaRider, Raging Spirits sont excellents. Indiana Jones : Temple of Crystal Skull est ce qu’ils ont de mieux au rayon sensations, et ça fait le job ! En plus enfantin, Aquatopia remplace le classique Autopia, et Toy Story nous propose un décor de fête foraine au lieu de dégommer les Buzz l’éclair comme à Marne-la-Vallée.

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Seul regret, l’excellent Voyage au centre de la Terre était fermé pour travaux… Mais c’était la seule, dans celles qui m’intéressaient en tout cas. On peut d’ailleurs féliciter le parc qui a rouvert dès le début d’après-midi le lendemain du passage du typhon, après les vérifications d’usage le matin, malgré sa position géographique potentiellement défavorable !

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Ryogoku / Asakusa

Les deux n’ont rien à voir mais puisqu’on les a enchaînés à pied… Enchaînons-les ici.

Ryogoku est le quartier des sumos. On y trouve un grand stadium où se déroulent les tournois… lorsqu’on est en période de tournoi, ce qui n’était pas le cas. On y trouve le musée du sumo, qui a la réputation d’être intéressant – et gratuit !… mais qui était fermé jusqu’à janvier prochain. Et on y trouve plusieurs endroits où l’on peut assister aux entraînements de sumo en réservant la veille, ce qu’on a voulu faire le dernier jour, mais il n’y avait pas entraînement. Bref, je crois qu’on peut parler de bide.

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C’est en désespoir de cause qu’on s’est rabattus un peu par hasard sur le musée d’Edo. Très intéressant ! Immense, instructif sur l’histoire de Tokyo, les petits jeux interactifs et les nombreuses maquettes permettent même à ceux qui n’aiment pas les musées en temps normal de passer un bon moment.

Direction donc Asakusa. Longer les quais entre les deux quartiers permet de voir la Tokyo Skytree pas loin ; ainsi que le siège d’Asahi, marque de bière locale, et son caca doré dont les autochtones aiment se moquer…

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…avant d’arriver à Nakamise-Dori, petite rue remplie de commerces où vous trouverez normalement tout ce dont vous avez besoin pour ramener des souvenirs en France. On y rentre d’un côté par la célèbre porte Kaminarimon ; et on ressort, côté nord, en débouchant devant le Senso-Ji, encore un des temples incontournables de Tokyo – même si, toujours le même constat, on a vu mieux à Kyoto.

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On trouve dans le coin Asakusa Hanayashiki qui est le plus ancien parc d’attractions du monde, mais ce n’est pas ce qui nous amène ici. J’ai eu ma dose avec Disney. On est venus pour faire du karting !

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Vous avez peut-être entendu parler de cette petite entreprise qui permet de jouer à Mario Kart dans la vie réelle : on se déguise en Yoshi ou en Luigi, on monte dans un kart et on se balade dans Tokyo en jetant une banane ou un champignon à nos adversaires… Et bien ça, c’était avant. Sans surprise, Nintendo leur a fait un procès et l’a gagné. Ils n’ont pas mis la clé sous la porte, mais ils ont rangé les costumes incriminés au placard. On peut toujours faire du kart urbain mais, en attendant que Marvel, DC, Disney ou la SPA leur fasse un procès, ce sera déguisé en Captain America, Superman, Mickey ou en panda qu’il faudra y aller. Même si on peut s’étonner d’autres personnages sous licence Nintendo (quelques costumes de Pokémon notamment) mais bon…

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L’activité est marrante, permet de faire un tour de la ville tout en figurant sur les photos de 3.500 japonais en deux heures (et autant de touristes). Ça reste très encadré : on ne roule pas très vite, on est 6 par groupe avec un guide qui nous montre quelle direction prendre, nous fait rester en ligne… Par moment, on ralentira un peu pour le laisser prendre de l’avance histoire de pouvoir tester un peu l’accélérateur. Et même en déployant toute cette ingéniosité, on atteindra à peine et péniblement les 70km/h.

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Malgré cette petite frustration à laquelle je m’attendais sur la vitesse – le but reste que ce soit accessible à tout le monde, et pour cela il faut rassurer ceux qui flippent un peu de rouler en pleine ville dans un pays dont on ne connaît pas le code de la route – ça reste une activité insolite qui fut sans doute ce que j’ai préféré au Japon ! Mon seul autre regret serait que si le guide nous a pris un million de photos, et on l’en remercie, on a systématiquement les deux personnes du groupe qu’on ne connaît pas (Spider-Man et Pikachu) au premier plan de toutes les photos. Ces deux jeunes gens étaient sans doute très sympathiques, mais j’irais pas encadrer une photo où on ne voit quasiment qu’eux…

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Yanaka

Un dernier pour la route ? Yanaka est le quartier traditionnel, préservé, enfin vous voyez le genre, de Tokyo. Ici, pas de building tout de verre et d’acier de 15 étages de haut et d’enseignes lumineuses dans tous les sens. Les maisons et les commerces sont tout en bois et de petite taille. On y trouve de l’artisanat local, du thé…

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Ceci dit, derrière le côté typique, ça reste très touristique ; je n’ai pas vu beaucoup de japonais faire leurs courses ici. C’est un peu l’ambiance qu’on peut retrouver quand on visite l’été des villages comme Conques ou Salers : c’est joli mais ça s’arrête là.

La visite se conclue par le parc d’Ueno, ses mini-temples, ses fontaines et ses cerisiers qui ont évidemment plus de succès au printemps lorsqu’ils sont en fleur. Agréable quand même.

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Mais encore…

SI vous êtes arrivés au bout de la lecture, bravo ! J’aurais quasiment pu faire un article par quartier pour Tokyo, et encore, je vais passer rapidement sur ceux que nous n’avons fait que traverser. A Nihonbashi, ce fut une brève visite pour aller voir le Tokyo International Forum, un étrange bâtiment en forme de navire qui sert surtout de salles de conférences ou de salons. On peut s’y balader librement et apprécier la prouesse architecturale.

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Idem à Roppongi où le but était seulement de voir l’impressionnante Mori Tower et les différents building autour dans le quartier, connus sous le nom de Roppongi Hills.

On s’est rendus à Ebisu dans un but bien précis, le musée Yebisu, dédié à la bière éponyme. Pas immense mais gratuit, il raconte l’histoire d’une marque plutôt bien appréciée chez les nippons… et se conclut évidemment par une dégustation optionnelle mais payante elle.

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Quand à Akihabara, si c’est le temple des babioles électroniques en tout genre – donc pas forcément pour moi, on y trouve aussi le Tokyo Dôme. Stade de baseball, centre commercial, mais aussi parc d’attractions où nous avons fait un tour de grand huit ! Un peu cher (12€ environ), le parcours est néanmoins rapide et très vertigineux. Rien à voir avec Toy Story ou Nemo cette fois… On passe brièvement dans un mini-tunnel creusé dans le centre commercial lui-même ! Pour ceux qui ont cinq minutes à perdre et sont passionnés de manèges à sensation, c’est vraiment un incontournable.

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Les bonnes adresses :

Globalement, comme je l’ai déjà dit, on a très bien mangé durant ce voyage et Tokyo n’a pas fait exception même s’il y a peut-être eu un peu plus d’adresses occidentales et un peu moins d’adresses typiques. Petite liste même pas exhaustive :

Crêperie Le Bretagne : quand je parlais d’adresse occidentale… Et bien oui, après deux semaines, nous avions envie d’une bonne galette à la française ! Le Routard regorge d’adresses de crêperies, il y en a au moins une par quartier, et celle-ci se situait à proximité de Shinjuku. A Kagurazaka exactement. De rien.

Japon 53aDes crêpes et du cidre : je revis !

Momo Paradise : encore une adresse trouvée vers Shinjuku. Cette fois, malgré le nom qui sonne plutôt comme un bar à cocktail de Miami Beach, c’est un lieu bien plus typique puisque la spécialité (l’unique plat ?) du lieu, dans ce resto au sommet d’un immeuble qu’on ne trouve pas par hasard, est le shabu-shabu. Une sorte de fondue bourguignonne mais où on fait cuire la viande et les accompagnements dans un bouillon. Le tout étant servi à volonté, une option disponible pour les desserts ou la boisson aussi.

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Ginza 300 : un pub étonnant, qui vend des tickets à l’entrée. 300 yen (moins de 3€) le ticket, obligation d’en acheter au moins trois pour les mecs et deux pour les filles, 10 achetés 1 offert. Ensuite, tout (ou presque) est à… un ticket, soit 300 yen ! Aussi bien la bière pression/bouteille que les mojitos, aussi bien l’assiette de nachos à partager que la petite pizza individuelle. Évidemment, à ce prix-là, ce n’est ni des portions immenses ni de la grande cuisine, mais on en a largement pour son argent. Une bonne ambiance décontractée dans ce lieu où les étrangers sont rares mais bienvenus, au milieu des employés de bureau qui ont fini leur journée.

Isomaru Suisan : un resto conseillé par l’équipe du karting, qui a l’avantage d’être ouvert très tard (les japonais mangent tôt et on s’est fait baiser quelques fois…). On passe commande depuis une tablette tactile, ce qui permet d’étudier la carte calmement : elle est immense ! Énormément de plats typiques, du poisson dont certains qui sont cuits à la table sur un espèce de grill, des sushis, du saké… Un genre de best-of de la cuisine japonaise qui convenait parfaitement pour notre dernier repas à 4.

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