Oaxaca (prononcez Waraka)

Illustrer tous mes articles sur le Mexique par des photos des lettres géantes qu’on trouve dans absolument tous les bleds est sans doute un choix discutable au niveau artistique, mais qui a le mérite de la cohérence !

Et encore, j’en avais d’autres en stock…

Je ne sais pas pourquoi les villes ont toutes leur nom affiché ainsi, souvent près d’un parc central… Mais ce n’est pas unique au monde : même quelque part au fin fond de la Corrèze, des villages le font aussi.

Les couleurs sont moins criardes à Liginiac qu’à San Bartolo Coyotepec, certes…

L’Etat de Oaxaca est celui où j’ai passé le plus de temps : trois nuits à Puerto Escondido, trois nuits à Oaxaca-même, et une dans le bus entre les deux car les distances sont grandes ici… Donc une semaine en tout !

Puerto Escondido est une station balnéaire, mais qui est bien loin des bords de mer tranquilles du Yucatan : la longue plage de Zicatela est prisée par les surfeurs du monde entier. Surtout en saison humide, mais même en saison sèche, en temps normal – sans covid – l’endroit est rempli d’australiens… Pour ceux qui sont pas très branchés surf mais plutôt farniente, comme… moi donc, il y a aussi deux petites plages en forme de crique où les eaux sont plus calmes : Carrizalillo et Manzanillo.

Puerto Escondido sera la partie un peu farniente du séjour, mais aussi celle où j’aurais fait quelque chose de très fort. A une cinquantaine de kilomètres de là, vers le sud, se trouve…

La célèbre plage naturiste de Zipolite ?

Non ! Enfin, si, mais c’est pas là que je suis allé…

La plage de la Escobilla ?

Voilà qui est mieux ! La Escobilla est une place étonnante : chaque année, plus d’un million de tortues viennent pondre sur cette plage, ce qui en fait l’endroit le plus important au monde pour la variété en question qui est la tortue Golfina. Et comme ensuite les bébés devenus grands reviennent pondre sur leur lieu de naissance, c’est comme qui dirait un cercle vertueux qui ne s’arrêtera pas, sauf si un jour il n’y a plus de tortues.

Donc… On a modestement « participé » à la libération des bébés tortues ! Je sais qu’en voyant les photos sur Instagram, certains – y compris parmi mes lecteurs réguliers, vous avez été dénoncés – se sont dit : « mais quel débile, fallait pas y toucher » ! On va rassurer tout le monde : on a fait ça avec le Centro Ecoturistico la Escobilla, une sorte d’assoc’ qui s’occupe de surveiller l’arrivée des tortues à la période de la ponte, de collecter les oeufs sur la plage pour les mettre dans un endroit abrité des piafs ou des chiens errants, de patrouiller la nuit pour les mêmes raisons ou d’aider les nouveaux-nés à rejoindre la mer à la naissance à l’abri des prédateurs.

Toutes les précautions sont prises et en particulier, avant de toucher les tortues, ils nous demandent de bien s’enduire les mains du sable de la plage pour qu’elles le reconnaissent quand, plus tard, celles (malheureusement très rares) qui atteindront l’âge adulte reviennent pondre sur cette plage. Et je crois bien que côté émotion, on tenait là le grand moment du séjour, peut-être même le grand moment tous voyages confondus. Dommage que je ne puisse pas publier de vidéo ici.

Voilà pour la partie « littoral » du séjour… Avant de prendre la direction de l’intérieur des terres et de Oaxaca de Juarez, capitale de l’Etat. Une partie du séjour que j’ai adoré malgré les nombreuses mauvaises surprises qu’elle m’a réservé. Les mexicains sont quand même étranges : globalement, ils s’en battent les couilles du covid, ils ouvrent les bars et les restos comme avant ou presque (ici : interdit de vendre de l’alcool après 21h), mais à côté de ça ils ferment des sites naturels ou touristiques secondaires où l’affluence n’aurait sans doute pas été bien importante… On pourrait penser que ça permet d’économiser les salaires des guichetiers : même pas, puisque de personnes sont présentes pour veiller à ce que personne n’y aille !

Ainsi, alors que nous avions loué une voiture pour 72 heures pour pouvoir visiter facilement les environs, nous n’avons pas pu visiter les bassins de Hierve el Agua, ni la zone archéologique d’Atzompa, ni les villages des Pueblos Mancomunados, et les cascades ou chemins de randonnée qui s’y trouvent, ni le jardin ethnobotanique de Oaxaca… Un peu décevant, surtout qu’on avait loué la voiture presque exprès, qu’on était près à contribuer au PIB du Maxique puisque tous ces sites sont payants – pas chers mais payants ; que l’information n’est disponible nulle part et surtout qu’on n’a pas compris la logique quand à côté de ça on peut s’entasser sans problème dans des bus sur-remplis ou sur les dancefloors…

Photo du net (libre de droit) de Hierve el Agua qu’on n’a pas pu voir donc…

Heureusement, on a quand même pu faire d’autres trucs sur place, et ça commence par la visite du temple de Santo Domingo. Une église qui jouxte un couvent et que le Petit Futé, à peine dans l’exagération, décrit juste comme la 8ème merveille du monde. Mérité ou non ? A vous de voir :

Autre incontournable : le site archéologique de Monte Alban. Moins connu évidemment que Chichen Itza, il fait quand même partie des sites importants au Mexique dès qu’on sort du Yucatan, comme Palenque par exemple. Perché sur une petite colline, c’est l’ancienne capitale de la civilisation zapotèque. Il est vaste, bien préservé et, ce jour-là en tout cas, assez peu fréquenté.

On a également visité (un peu par hasard suite aux multiples déconvenues sur les endroits qui étaient fermés) la petite zone archéologique de Dainzu… Pas grand chose mais il est gratuit, pas protégé et n’accueillait aucun autre visiteur : le côté « Indiana Jones qui découvre un temple perdu » est toujours sympa.

On trouve aussi beaucoup d’artisanat dans les alentours. San Bartolo Coyotepec est spécialisée, d’une part dans les noms de villes difficiles à prononcer, mais aussi dans la fabrication de statuettes noires à partir d’une argile unique au monde. Quand à San Martin Tilcajete, on y fabrique des alebrijes, des sculptures en bois de copal peintes à la main. Nous avons visité l’atelier Jacobo & Maria Angeles un peu par hasard. Un moment (gratuit) très intéressant, dommage que les prix soient un peu chers – même si on reconnaît volontiers le gros travail qu’il y a derrière – car ça aurait fait un souvenir sympa et original à rapporter.

Oaxaca est aussi connu pour être « la » région du… mezcal. Voilà sans doute le moment où j’explique la différence entre le mezcal et la tequila. La tequila ne peut être fabriquée que dans l’état du Jalisco et quelques communes limitrophes, donc en gros autour de la bien-nommée ville de Tequila. Elle ne doit pas être à plus de 40° d’alcool, mais n’est pas forcément fait à 100% à partir d’agave (si elle l’est, c’est marqué sur la bouteille, et en général c’est meilleur mais plus cher). Il en faut au moins 51%, et il s’agit obligatoirement d’agave bleue. Le mezcal peut lui être fait n’importe où au Mexique, il n’a aucune contrainte sur son taux d’alcool mais compte au minimum 80% d’agave – n’importe quel agave. Le goût est proche mais vous aurez toujours des gens qui préfèrent l’un ou l’autre, à l’image de la guéguerre entre Ricard et 51, entre Pepsi et Coca, etc…

Dès qu’on sort de la ville de Oaxaca en direction de la pampa – c’est-à-dire dès qu’on sort de la ville de Oaxaca – on trouve pléthore d’haciendas qui fabriquent et vendent du mezcal artisanal.

Le cheval bosse plus que le bonhomme…

Mais comme 1/ on savait pas spécialement où aller et 2/ on avait été plutôt déçus par la visite de Tequila, on a préféré se rendre en ville à la Mezcaloteca, une sorte de… bar associatif (?) réunissant des passionnés qui proposent tous les jours de participer à un « atelier de dégustation ». La personne explique pas mal de choses sur le mezcal, pose quelques questions pour savoir nos goûts en général pour décider lesquels elle va nous faire goûter (je lui ai dit que j’étais plutôt branché sur les rhums cubains ou jamaïquains par exemple). On en teste ainsi de différentes régions, qui viennent d’agaves différentes, à des degrés d’alcool plus ou moins élevés (jusqu’à 55° quand même)… On a enfin la possibilité d’acheter sur place, avec la garantie d’en choisir une qu’on a aimée certes, mais les prix sont un peu élevés.

Et…ce sera tout car je trouve qu’une dégustation de mezcal est une belle fin pour un article !

La prochaine fois, direction la partie plus connue et plus touristique du Mexique : le Yucatan

Les bonnes adresses :

El Nene (Puerto Escondido) : la ville regorge de plein de restos en tout genre, entre paillotes de bord de plage, cantines locales et établissements plus haut de gamme pour touristes fortunés. Sans compter aussi les stands de rue. Une ville où l’on ne crèvera pas de faim.

On a globalement fait des repas plutôt simples… mais aussi un qui était « un peu mieux que d’habitude » dans cet établissement qui n’est pas trop cher même s’il est dans la catégorie touristique. L’occasion de manger de très bons burgers ou du poisson – et c’est moi qui ai pris le poisson ! – bien préparés dans un cadre cosy. Un regret : pas de cartes des boissons, et pas facile de comprendre en espagnol la longue liste de bières énumérée par le serveur… Ca s’est terminé avec une Corona peu originale mais de circonstance.

La Soledad (Oaxaca de Juarez) : la première adresse qu’une polonaise nous a donné dès notre arrivée à l’auberge de jeunesse. J’ignorais que le Mexique en général et Oaxaca en particulier était particulièrement réputé pour son chocolat… Je l’ai appris ici, et en particlier à la Soledad où ‘ai sans doute bu l’un des meilleurs chocolats chauds de ma jeune vie !

Casa Angel Hostel (Oaxaca de Juarez) : sans conteste et de très loin la meilleure auberge de jeunesse du séjour. L’une des rares qui aura gagné le droit d’être citée ici d’ailleurs. Un peu plus chère que la moyenne mais vraiment bien placée à quelques rues de Santo Domingo et des quartiers animés, les dortoirs étaient spacieux, avaient plein de rangements, des lampes, prises et rideaux individuels sur les lits… Le rooftop était sympa en soirée, et le petit-déjeuner copieux et excellent, même si c’était la même chose chaque jour. Seul reproche que je peux faire à la rigueur.

Et puis on avait un peu l’impression de faire partie des reusta…

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