Turquie-tterais la France pour y retourner ?

Après Istanbul et la Cappaddoce, la fin de mon séjour turc se passait dans la province d’Izmir… quelques jours avant le séïsme qui a secoué la région, ce qui me fait rater ma catastrophe naturelle annuelle après le typhon japonais ou le tsunami néo-calédonien. Deux sites importants m’attendaient ici : Pamukkale et Ephèse, deux sites « UNESCO« .

Pamukkale, le nom ne vous dit rien mais cette photo vous parlera peut-être davantage :

(photo libre de droit / pas de moi donc)

Une sorte de giganteque colline blanche, qui tire cette couleur – et sa texture particulière, solide sans être dure, des sources chaudes de la région qui s’infiltrent dans la pierre. Les roches forment des petites vasques, l’eau y ressort, et vous l’aurez compris (ou pas) : ça fait des piscines chaudes naturelles.

D’abord une petite photo de nuit pour préserver le suspense…

C’est prometteur, mais, y a un mais… Une fois payé le billet d’entrée : pas d’eau !

Dommage de pas être prévenu à l’entrée, d’autant qu’une rapide recherche en tapant un truc comme Pamukkale no water sur google montre que le « problème » est récurrent. Surtout à l’automne. Visiblement, la roche avait tendance à jaunir/verdit aux endroit où l’eau s’écoule, faisant émerger des espèces d’algues ou de champignons. Et stopper son circuit de temps en temps – visiblement, souvent à l’automne – semble nécessaire de temps en temps pour garder ce blanc immaculé qui est certes magnifique… mais un peu décevant quand même.

Les rares piscines où l’on peut barbotter sont donc blindées d’instagrammeurs et surtout d’instagrammeuses et accessoirement, si elles ne sont pas vides, c’est parce qu’elles ont été en partie bétonnées à l’intérieur pour les rendre faciles d’accès aux touristes et utilisables en permanence… Même si le calcaire a recouvert les travaux et rendu le tout harmonieux, ce n’est donc pas tout-à-fait naturel.

Passé cette semi-déception (c’est beau quand même, mais encore une fois, j’aurais juste voulu être prévenus avant d’entrer – j’y serais sans doute allé quand même) j’en profite pour visiter Hierapolis. Le site antique de cette ancienne cité thermale se situe dans le prolongement de Pamukkale, et c’est le même billet d’entrée qui y donne accès. Et là par contre, c’est très plaisant : le site est sympa, plutôt bien entretenu, compte quelques panneaux d’explications pour savoir qu’est-ce qui était là autrefois… Et surtout il n’y a pas un chat, les visiteurs se contentent presque tous de patauger à Pamukkale et de repartir !

Une plutôt bonne surprise cette fois, puisque je ne venais pas pour ça au début, et j’ai trouvé la présence « d’informations » assez bien faite – là où j’avais reproché à d’autres antiquités comme Athènes ou Carthage de rien expliquer du tout.

Mais le lendemain, c’est un autre site ancien qui m’attendait : la cité gallo-romaine d’Ephèse.

L’endroit est surtout connu pour avoir hébergé le Temple d’Artémis qui était l’une des sept merveilles du monde… Et qui a été détruit, comme les autres merveilles à l’exception des pyramides d’Egypte. Bon, on va les croire sur paroles, mais c’est vrai qu’il faut beaucoup d’imagination pour s’imaginer que cette merveille était là.

Heureusement, le site est là encore immense, bien mieux préservé mais aussi plus fréquenté que Hiérapolis : non seulement on est proches de la grande ville d’Izmir, alors que Pamukkale est plus reculé, mais cette fois les gens viennent pour ça et pas pour une baignade voisine.

Comme dans la plupart des ruines de cette époque, on y trouve ce qui était autrefois un théâtre, un amphithéâtre, un bain public, des toilettes, des temples dédiés à certaines divinités…

La bibliothèque de Celsus est sans conteste la star des lieux. Une célébrité plutôt méritée, c’est de loin le bâtiment le plus classe, et celui qui est resté dans le meilleur état ici.

A noter que dans la grande rue de marbre se situe des maisons en terrasses que je n’ai pas visitées car il y avait un supplément de 30 TL à payer, et c’était beaucoup trop cher d’autant que, comme vous le lirez plus bas, j’ai explosé le budget pour ce voyage.

La bonne adresse :

Kayaç (Pamukkale) : je ne m’attendais pas à trouver grand chose de formidable en choisissant de séjourner à Pamukkale – mais je voulais profiter du coucher de soleil sur les bassins donc pas trop le choix – et ce bar-resto m’a fait mentir. J’ai payé l’équivalent de 11-12€ environ pour une pinte, une petite portion de hummus, un excellent kebab servi sur le grill, une assiette de fromage et un verre de vin. On va pas se mentir, le fromage turc, c’est pas ça. Par contre le vin n’était pas mauvais. C’est dans la région égéenne (donc ici) que l’on trouve quelques vignobles corrects, à base entre autres de merlot et cabernet sauvignon importés de France dans les années 70. Les puristes diront qu’on trouve mieux en Bourgogne ou dans le Médoc, mais c’est mieux que rien !

Turquie : le bilan

C’est un pays que j’ai adoré mais, y a un mais : mon parcours était bien trop ambitieux pour une petite semaine !

Istanbul fera partie des rares « grandes villes » (puisqu’elle n’est pas capitale) que j’ai adoré, la Cappaddoce était géniale, et la région d’Izmir un peu moins. Et même si les routes sont très bonnes, les péages sont chers (par rapport au reste) et les distances assez longues entre ces trois étapes, et si c’était à refaire, je me contenterais des deux premiers. Peut-être avec un bus de nuit ou un vol intérieur, parce que la voiture n’apporte pas grand chose au final.

Niveau sécurité, RAS : c’est un pays très sûr, pas mal de flics autour des lieux touristiques notamment à Istanbul, et les turcs sont plutôt accueillants. Je précise toutefois que c’était juste avant les petites chicanes entre Macron et Erdogan…

Côté financier, le budget arrive mais si c’est une destination traditionnellement pas chère, c’est encore plus vrai aujourd’hui qu’il y six mois, qu’il y a un an ou cinq ans. La livre turque a dégringolé et l’absence de touristes finit de faire chuter les prix.

Un dernier mot sur la saison, mi-octobre donc : idéale, suffisante pour se balader en t-shirt/short toute la journée sans risquer non plus d’énormes coups de soleil ou de ne pas réussir à dormir la nuit à cause de la chaleur.

Le point budget :

730€ tout inclus. Raisonnable en étant en solo (donc gros surcoût sur la location de voiture) ?
– 170€ pour le vol : bonna affaire puisque le vol que j’avais pris en juillet (remboursé entretemps) était à 300 !
– 250€ pour les déplacements : frais liés à la voiture (location, essence, parkings, péages…) et TEC à Istanbul.
– 45€ pour les hébergements, 7 nuits au total. C’est moins cher que mon loyer + ma taxe d’habitation, ouais.
– 35€ pour le trajet de chez moi à Orly.
– ce qui nous laisse 230€ pour boire, manger, visiter, et acheter quelques conneries.

Et il s’agissait sans doute de mon dernier voyage de l’année 2020 puisqu’on est fin décembre et que je ne suis pas reparti depuis, donc à moins de prévoir un truc un peu dingue pour le réveillon… Si j’pouvais, j’irais bien jusqu’au Mexique boire de la tequila avec le commandant Marcos, mais… Mais qu’est-ce qui m’en empêche ? Rien ?

2 réflexions sur “Turquie-tterais la France pour y retourner ?

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