Qui est le compagnon de voyage idéal ?

Ben… La réponse est évidente : moi !

Mais imaginons que je ne sois pas disponible. Là, la question peut se poser.

Pour y répondre, petit tour d’horizon des points sur lesquels il vaut mieux être d’accord avant de partir avec quelqu’un.

 

Déjà, on part à combien ?

C’est une première chose. Sorti des voyages en solo, en couple ou en famille, la question peut se poser. Retour d’expérience :

– à 2, ça peut être bien, on passe moins de temps à débattre, on trouve facilement des places partout sans avoir réservé, la salle de bains n’est pas encombrée, mais il faut quand même être sûr de la personne avec qui on part ! Et en particulier s’assurer que ça la dérange pas si, à certains moments, chacun fait ses affaires de son côté… Si on est plus nombreux, on aura moins de scrupules à s’isoler puisque les autres ne sont pas seuls pendant ce temps.

– à 3, il faut éviter l’effet du « 2 contre 1 » si c’est toujours le même « 1 » qui se retrouve à suivre la majorité, mais globalement je trouve que c’est pas mal. Les groupes de trois m’ont souvent laissé de bons souvenirs.

– à 4, moins de chance d’avoir une personne isolée, mais ça peut aussi très vite faire deux groupes de deux. Mais globalement ça passe bien aussi.

– à 5 ou plus, par contre, ça dépend du but du voyage. Si c’est axé farniente/fiesta, c’est parfait, plus on est de fous etc… Mais, clairement, il ne faut pas espérer être très productif en visites et activités : le temps de trouver des compromis, de faire des sous-groupes selon les envies de chacun, d’attendre que tout le monde soit prêt… Sans parler de la galère pour trouver une table dans un bar ou un resto par exemple.

Comp00Genre 17 comme ici à Copenhague (voire 18 sans un forfait de dernière minute à Orly), ça commence à faire beaucoup mais on se marre bien et on peut presque privatiser des bateaux ou des dortoirs.

Mon avis : 3, c’est bien. 7, ça fait beaucoup, mais c’est le chiffre qui a la plus grande puissance magique selon Tom Jedusor.

 

Le niveau de confort

Là encore une question à se poser, sur le type d’endroits où on va dormir, les transports que l’on va prendre… Je ne suis pas sûr que toutes mes connaissances soient prêtes à prendre des bus remplis de gens et de gallinacés en Amérique centrale, des deux-roues sans casque en Asie, ou à manger la poussière à l’arrière d’un tuk-tuk cambodgien.

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Mais les hébergements poseront sans doute plus de dilemmes que les transports. Dormir à l’aéroport, dans un bus de nuit ou dans la voiture de location pour gagner du temps et économiser une nuitée est-il envisageable ? Sinon, est-ce qu’un dortoir mixte de vingt lits ou un camping, ça peut le faire ?

Comp01bSi l’option camping est retenue, au passage, reste encore à s’assurer que les personnes savent monter une tente (ce qui là, semble raté).

Mon avis : prenez le tramway jusqu’à Orly et passez une nuit là-bas avec votre futur camarade de voyage. S’il survit, il est prêt à aller partout.

 

Le rythme de vie

C’est principalement la question des heures où vous vous couchez/levez ! Quelqu’un qui se couche et se lève avec le soleil avec quelqu’un qui reste debout jusqu’à deux heures du mat’ et se lève pour l’apéro, c’est l’assurance de vacances ratées. Et un petit dormeur couche-tard et lève-tôt (comme moi) avec quelqu’un qui a besoin de dix heures de sommeil, ce sera guère mieux.

Même si c’est beaucoup moins gênant, on pourrait aussi opposer la team des gens qui sont prêts en cinq minutes le matin à ceux (et surtout celles, on va pas se mentir) qui ont besoin d’une heure dans la salle de bains avant d’être paré au décollage.

Et celles qui doivent essayer trente-sept tenues avant de se décider aussi.

Des fois, la différence peut être une force (non ce n’est pas un slogan de gauche). La team #douchedusoir ira très bien avec la team #douchedumatin, puisque ça évite d’être en concurrence sur le squattage de la douche !

Mon avis : quelqu’un qui dort douze heures, OK, c’est chiant à trimbaler, mais je me demande si une insomniaque c’est pas pire.

 

Le budget

Évidemment lié au niveau de confort souhaité (et au pays visé), le budget peut sans doute être un des plus gros points de discorde. Si vous visez des activités un peu coûteuses, des déplacements fréquents, des repas au resto systématiques et des hôtels avec une piscine rooftop, ça a un certain coût : est-ce que tout le monde suivra ?

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Pour avoir déjà été dans les deux situations, celle du « pauvre » qui ne peut pas suivre toutes les propositions comme celle du « riche » qui n’est pas suivi, aucune des deux n’est confortable. Discutez avant de la somme idéale ou maximale que vous êtes prêts à investir dans le voyage, voyez si vous êtes chauds pour les éventuelles activités coûteuses qui existent sur place… et proposez-leur bien sûr des cartes bancaires à moindres frais à l’étranger pour diminuer leur budget et être sûr qu’ils ne vont pas vous faire payer leurs frais bancaires !

Comp03aCe pauvre camarade de voyage obligé de dormir sur un banc m’avait fait de la peine.

Un dernier point à aborder : allez-vous faire des comptes communs et comment allez-vous les répartir ? Tricount m’accompagne depuis des années et fait ça très bien mais il y a toujours des irréductibles du « chacun paye son truc » quitte à emmerder les serveurs au moment de l’addition d’un repas par exemple…

Mon avis : adaptez le budget à la destination, on emmène pas les mêmes amis en Norvège qu’en Thaïlande !

 

Les activités… et le niveau physique

On va quelque part, c’est bien. Mais on va y faire quoi ? Parfois, on s’en doute. On va pas à Ibiza pour les musées, à Londres pour le beau temps, ou en Allemagne pour les sourires chaleureux (oui, c’est gratuit, pardon). Prenons le Japon. On peut y aller pour les villes modernes, pour les temples anciens, pour les lieux naturels, les musées, la culture, les geekeries, les parcs d’attraction, les jardins, pour plein de choses. Si vous y allez en pleine coupe du monde de rugby, il vaut mieux commencer par être sûr que tout le monde aime bien le ballon ovale.

Comp04Et les déguisements ridicules.

Des fois, il faudra affiner la réponse. Tout le monde n’entend pas la même chose par randonnée par exemple, et des différences de niveau peuvent être énervantes aussi bien pour ceux qui sont à la traine…

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…Que pour ceux qui prennent trop d’avance sans faire exprès.

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Bref, partir quelque part c’est bien, savoir pourquoi c’est mieux.

Mon avis : les gens qui vous laisseront tomber sur les randonnées difficiles seront souvent les meilleurs compagnons d’apéro. Ou pas.

 

Les repas

Ah la bouffe… Normalement ce n’est pas suffisamment important pour devenir un motif de séparation, mais ça peut quand même donner lieu à des petites controverses. La fréquence des repas : est-ce que vous avez besoin d’un gros petit-dej ou un café et la route ? Sauter le repas du midi si besoin, c’est envisageable ou no-way ?

Comp05aSi vos covoyageurs mangent des fruits, c’est bien

Les différents régimes alimentaires peuvent être casse-pieds dans certains endroits où les végétariens seront malheureux s’ils ne peuvent vraiment pas manger de poulet, par exemple. Mais surtout, si vous envisagez de faire des repas vous-mêmes (intéressants dans les pays très coûteux, en Scandinavie par exemple), est-ce que votre compagnon de voyage sait au moins faire cuire des pâtes ?

Comp05bBon après, tant qu’ils sont OK pour l’apéro, c’est un bon début…

Mon avis : on dit parfois que le gras, c’est la vie. J’y crois. La mort se représenterait quand à elle sous les traits d’un individu vegan allergique au lactose qui mange halal et sans-gluten.

 

Plutôt dirigiste ou suiveur ?

Voilà peut-être LE domaine où ne pas avoir le même tempérament peut être intéressant. Deux chefaillons ensemble, il suffit de regarder Koh-Lanta pour s’en convaincre : ça ne fonctionne pas. Un groupe de gens où personne ne prend d’initiative, ça peut aussi être compliqué. Même si l’idéal est sans doute d’être dans un échelon intermédiaire et de ne pas être une caricature de l’une ou l’autre extrémité.

Comp06Lorsque vous encadrez un groupe, il est important de leur laisser des moments de libertés tout en les surveillant quand même un peu, dans une aire de jeux par exemple.

De mon côté, j’ai clairement tendance à me prendre trop pour le leader auto-proclamé en voyages, mais ça ne veut pas dire que j’apprécie de partir avec des suiveurs. Au contraire, je préfère avoir d’autres « comme moi » qui vont me modérer et proposer des choses auxquelles j’ai pu ne pas penser.

Mon avis : allez en Corée du Nord, la question se posera pas. Vous ferez ce qu’on vous dit épicétou.

 

Plutôt planificateur ou fonceur ?

Gros débat possible entre ceux pour qui doit être prévu (et soit ils font partie des dirigistes évoqués précédemment, soit ils se tournent vers les agences de voyage) et ceux qui sont plus adeptes du freestyle et de l’improvisation, ce qui n’empêche pas d’avoir une feuille de route et une vague idée de ce qu’ils veulent faire/voir.

Ca n’a rien à voir mais comment expliquer que les rousses sont (trop) surreprésentées parmi mes travelmates ?

Historiquement j’étais plutôt planificateur mais… Je me soigne et m’adapte surtout à la destination. Globalement, dans les pays développés (surtout en période d’affluence), il vaut mieux avoir prévu un minimum. Surtout pour les hébergements qui sont presque toujours plus chers sur place que sur internet. Ailleurs, en particulier en Amérique latine ou en Afrique, c’est moins utile : déjà tout ne se passera probablement pas comme prévu (voir point suivant), tout n’est pas forcément faisable par internet, on peut trouver des bonnes idées ou des opportunités sur place…

Mon avis : techniquement, vous pouvez planifier de tout faire à l’improviste et mettre tout le monde d’accord. A moins que ce ne soit là les limites du compromis.

 

Les réactions face à l’imprévu

Que le voyage soit planifié ou non, on n’est jamais à l’abri de tomber sur un truc qui était pas du tout prévu. Tous les aléas climatiques déjà. Sans forcément aller jusqu’à vivre un typhon au Japon, une tempête en Irlande ou un séisme en Nouvelle-Calédonie, comment réagissez-vous s’il pleut toute la journée alors que vous deviez aller à la plage, ou s’il y a beaucoup trop de vent pour une rando difficile en montagne ? Êtes-vous capables de vous occuper avec un jeu de cartes ou un papier et un crayon à la place ou allez-vous faire la gueule jusqu’à ce que ça passe ?

Comp08bLa neige en Islande, c’est pas vraiment un imprévu, mais il peut y en avoir plus que prévu…

D’autres événements peuvent survenir comme… le coronavirus qui vous empêche de rentrer en France. Ou pour prendre un exemple plus fréquent, un gros retard de train ou d’avion, une grève de la compagnie, un match ou un concert que vous deviez voir annulé, etc. Dans ces situations, les râleurs sont rarement une bonne compagnie pour ceux qui prennent tout ça avec détachement, à qui ça passe au-dessus de la tête.

Comp08aY a aussi les pays comme Cuba où la seule chose prévisible, c’est que rien ne se passe comme prévu.

Mon avis : vous habitez Clermont-Fd et décollez de Paris ? Prenez un train Intercités pour rejoindre l’aéroport de la capitale. Alors certes, vous allez rater votre avion, mais au moins vous saurez comment réagissent les autres dans une situation merdique.

 

Tambour battant ou slow-travel ?

Sujet plus sérieux mais il y a aussi ceux pour qui une journée de chill est une journée de perdue (ou alors, « une OK, mais pas deux ») et qui veulent voir un maximum de choses, quitte à beaucoup bouger dans le pays/la région visité(e), à rentrer plus fatigué qu’avant le départ. Et ceux pour qui le V de voyages est aussi celui de vacances. Là encore, le choix de la destination est important, on se doute bien que le programme sera pas le même en Nouvelle-Zélande qu’en République Dominicaine, mais il y a aussi des pays « mixtes » où tout est possible. Le choix aura aussi un impact sur le budget journalier, les choix de transport/activités/visites, la nécessité de planifier un peu ou non…

Comp09aCertains modes de transports prennent plus de temps que d’autres, c’est un fait

Depuis quelques années, les adeptes du slow-travel sont de plus en plus nombreux. Leur but n’est pas de tout voir, mais de profiter plus longtemps d’un endroit en particulier, de s’en imprégner davantage. Les déplacements sont plus rares, souvent par des moyens lents (à pied, en vélo, en stop…) et font partie intégrante du voyage. Ils profitent davantage des gens, de la culture locale et passent plus de temps à admirer le paysage ou les monuments. Leur budget est moindre et l’impact écologique sans doute meilleur.

Comp09bParfois, vous prendrez du temps pour faire une photo mais c’est juste parce qu’un couillon est passé devant au mauvais moment.

Maintenant, on peut aussi se demander si ça apporte beaucoup aux locaux. Certains pays ont besoin des touristes et de leurs dollars pour vivre, pour manger. Et l’occidental qui se déplace en stop ou à pied avec sa tente ou en faisant du couchsurfing ne va peut-être pas leur amener grand-chose, l’enrichissement culturel n’ayant jamais nourri un estomac.

Mon avis : je n’ai pas d’avis particulier ne connaissant que la version « tambour battant » du voyage, je l’avoue. Je respecte beaucoup la deuxième et aimerais pouvoir la tester un jour, mais je mets quand même en garde contre le tableau idyllique que l’on en dresse parfois (et son opposition au méchant touriste qui veut tout voir) et surtout, ne voit pas trop comment la mettre en œuvre quand on a un boulot et qu’on voyage uniquement avec ses congés payés, sans possibilité de les poser tous à la suite.

 

Bon, vous l’aurez compris, on trouve à la fois du sérieux et du second degré dans cet article qui est à la fois un recueil utile de conseils, mais aussi un « hommage » à la plupart de ceux qui m’ont suivi ces dernières années – pardon à celles et ceux que j’ai oublié(e)s !

2 réflexions sur “Qui est le compagnon de voyage idéal ?

  1. Je te rejoins sur la plupart des points que tu développes (bon, sauf la première phrase, la réponse évidente qui m’est venue en tête à la lecture de ton titre étant : MOI ! ). C’est clair que le ou les co-voyageurs impactent bcp le voyage, son style et son ambiance… Et de mon expérience, plus on est nombreux, plus c’est compliqué de faire des choses car l’inertie augmente proportionnellement au nombre de personnes 😀 Je me souviens ainsi d’un WE que j’avais organisé à Cologne pour aller voir les marchés de Noël, nous étions 9 + 2 enfants, le WE retrouvailles entre potes idyllique sur le papier s’est transformé en WE de gestion, de course et de RDV manqués en vrai. J’ai plus vu certains de ces potes dans le train que sur place, c’est pour te dire…

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