Smells like Palestine spirit

J’ai parlé d’Israël dans le précédent article, mais pas encore de son célèbre voisin. Et oui, on est des fous, on a mis les pieds en Palestine/Cisjordanie !

Des fous… Façon de parler… Seule la bande de Gaza est formellement déconseillée. Les territoires palestiniens sont coloriés en orange sur la carte du ministère des affaires étrangères (donc pas spécialement conseillés mais pas interdits non plus), et encore, à l’exception des villes les plus « touristiques » comme Bethléem, Râmallâh ou encore Jericho qui sont en jaune.

Bethléem sera justement notre première incursion en Palestine ! Nous y allons en bus depuis Jérusalem sur une petite journée (ou une grosse demi-journée, question de point de vue), ce qui prend peu de temps et se fait assez facilement. La ville est très proche et c’est un lieu de pèlerinage important. Nous serons donc loin d’être les seuls touristes sur place même si l’ambiance diffère déjà beaucoup de celle de Jérusalem, ne serait-ce qu’avec les militaires assez nombreux dans les rues.

Si beaucoup de croyants vont à Bethléem, c’est d’abord parce que c’est ici qu’est né Jésus. Ce qui en fait une ville presque aussi importante que Mauriac, qui a vu naître votre serviteur.

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On y trouve donc la basilique de la Nativité, érigée par l’empereur romain Constantin sur le lieu dit de la « grotte de la Nativité », qui est la crypte où le Christ serait venu au monde. A noter qu’il y a débat entre les historiens car pour certains, il est né à Nazareth. Moi, je suis plutôt #TeamBethléem, parce que j’ai pas eu le temps d’aller à Nazareth et je préfère me dire que j’ai vu le bon.

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A quelques mètres de là se trouve le second lieu important de la ville, la Milk Grotto, ou Grotte du Lait en français (ce qui pète moins). La légende, toujours elle, veut que ce soit le lieu d’allaitement de Jésus par Marie dans ses premiers jours. Elle se cachait ici pour éviter les soldats d’Hérode qui cherchait à buter tous les enfants de moins de deux ans. Peut-être voulait-il être sûr de pouvoir prendre l’avion peinard ?

Il n’y a pas que la religion à Bethléem, il y a aussi l’histoire (récente) qui se mêle… à l’art. La ville est effectivement fermée par un tristement célèbre mur, la barrière de séparation israélienne, et Bethléem est le principal terrain de jeux des graffeurs plus ou moins talentueux qui veulent s’exprimer. Bansky fait partie du lot avec neuf œuvres réalisées avec des pochoirs dans son style inimitable. L’artiviste britannique a également participé à l’ouverture d’un hôtel dont les chambres, qui donnent directement sur le mur, sont vendues comme « les chambres avec la pire vue au monde ».

Une anecdote apprise sur place que j’ai bien aimé : un jour, un habitant est venu dire à Bansky, en train de peindre, qu’il embellissait le mur. Celui-ci remercia l’homme, qui lui rétorqua : « On ne veut pas que ce mur soit beau. Rentrez chez vous ».

Le lendemain, jour où nous quittons Jérusalem pour passer une dernière soirée à Tel-Aviv, c’est cette fois en voiture que nous allons dans un autre lieu important de Palestine : Hébron. Là c’est pas la même musique, la ville est quand même citée parmi les étapes déconseillées lors d’un séjour dans le pays.

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La ville a une histoire complexe que je ne peux que difficilement résumer en quelques lignes sur un blog. En très gros, elle abrite le Tombeau des Patriarches où est enterré notamment Abraham, personnage important aussi bien dans l’islam que dans le judaïsme (un peu comme Iron Man pour les Avengers si ça vous parle). Le site a été abrité tour à tour dans une mosquée ou dans une synagogue, selon qui dirige la zone. Durant les croisades, ce fut même une église.

La solution actuelle fait que le bâtiment est séparé en deux : une synagogue qui occupe 60 % de l’espace, et une mosquée les 40 % restants. Le fameux tombeau est donc commun et fait office de séparation entre les deux, avec un avantage indéniable : aucun croyant, quel que soit sa religion, ne devrait prendre le risque de le faire sauter. Caustique comme constat, mais réaliste.

Le 20ème siècle a en effet été marqué par de nombreux attentats qui visaient tour à tour des juifs et des musulmans, et aujourd’hui encore il suffit de taper Hébron dans Google Actu pour voir que c’est loin d’être tranquille.

La raison : la ville se trouve donc dans les territoires palestiniens, mais est occupée par des colons israéliens installés autour du vieux quartier (voire à l’intérieur), et la ville est divisée en deux zones de contrôle avec de nombreux checkpoints pour passer de l’une à l’autre… Ainsi que beaucoup de rues fantômes, qui font la séparation entre les zones H1 (palestinien) et H2 (israélien), où les habitants ont été priés de dégager et les commerces fermés et scellés par les militaires.

L’ambiance est donc très bizarre. Après avoir visité la synagogue, on s’aventure en zone H1 pour visiter la vieille ville côté palestinien. Les rues sont tristes, les rares commerces ouverts déserts. Seules les fabriques de verre bleu, une tradition de la ville, sont un peu animées.

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Dans les rues piétonnes, on voit des filets au-dessus de nos têtes. Les palestiniens disent les avoir installé pour ne plus se prendre de pierres dans la tronche (effectivement beaucoup de projectiles semblent avoir été arrêtés par ce filet) mais qu’à la place ils se ramassent de l’urine ou de l’eau de javel.

On fait connaissance avec une bande de jeunes qui nous emmène sur les toits pour avoir une vue panoramique de la cité, en particulier des « Abraham Walls », nom donné aux importantes murailles érigées autour de l’ancienne ville. Ils sont sympas même si on devra prétendre n’avoir rencontré personne lorsqu’on sera soumis à un petit interrogatoire en franchissant la frontière israélienne sur notre route vers Tel-Aviv…

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Au final, une visite très spéciale et marquante d’une ville qui demande sans doute un peu plus qu’une petite journée pour en saisir toute la complexité.

 

La bonnea adresse :

Peace Center (Bethléem) : à deux pas de la basilique où Jésus serait né, on aurait pu s’attendre à ne trouver que des attrape-touristes… Si celui-ci en est un, il le cache plutôt bien. Pas d’abus sur les prix et un cadre sympa.

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