Chez les Mayas (pas l’abeille)

Mon périple guatemaltèque s’est terminé dans le nord du pays, du côté de Tikal. Tikal, c’est un jeu de société sympa, mais c’est aussi – et surtout – l’un des sites mayas les plus connus du monde, avec Chicken Itza au Mexique. Un petit bijou qui se cache une fois de plus au fond de la jungle du nord du pays, à proximité des frontières mexicaines et béliziennes.

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Flores, à 65 kilomètres de là et au sud du lac Peten Itza, est la « grande ville » la plus proche. Comme Panajachel, elle offre toutes les commodités possibles pour les nombreux touristes qui viennent visiter le site de Tikal : commerces, restaurants, hébergements, activités, mais aussi le deuxième aéroport du pays, Qui doit être en taille comme en activité l’équivalent de celui de Rodez chez nous.

Comme Panajachel, c’est une étape que je sauterais pour m’installer dans le petit village d’El Remate, à l’est du lac. Pour les mêmes raisons qui m’avaient fait privilégier San Pedro la Laguna : moins de touristes, un village plus calme, moins cher. Certes il y a de la route après Flores, mais comme on fait la moitié du chemin par rapport à Tikal, ça revient au même au final. Il faut simplement faire attention aux compagnies peu scrupuleuses des shuttles qui font une première halte à Flores au milieu de nulle part et invitent à descendre les gens qui continuent jusqu’à El Remate, pour les faire monter dans un taxi hors de prix. Alors qu’en allant jusqu’au terminus, on trouve des collectivos bien moins chers pour faire la route. Autre solution encore moins chère que j’ai utilisée au retour : le bus public, mais là il faudra qu’un local vous donne les horaires et lieux de passage parce que l’information n’est pas évidente à trouver.

Je passe mes deux dernières nuits dans l’auberge Mon Ami, en français dans le texte, et pour cause : elle est tenue par Jacques, un compatriote qui s’est installé ici depuis plus de quinze ans. Sans surprise, cette rareté attire tous les francophones, et 90 % de la clientèle est composée de français, de belges, ou de québécois. J’ai seulement croisé deux espagnols et un couple d’américains. L’endroit est bien pour dormir (si on a rien contre les petites bêtes, mais ça doit être pareil partout dans le coin) ; en revanche, pour manger, il y a mieux dans le coin.

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Comme d’autres établissements du coin, Mon Ami a également son ponton privé sur le lac ! Idéal pour une petite baignade, mais aussi pour venir admirer le coucher de soleil lorsque la météo le permet, ou pour venir s’allonger et regarder les étoiles en pleine nuit avec seulement le clapotis de l’eau autour. Même si vous logez ailleurs, ça peut valoir le coup de venir boire un mojito (bien qu’il soit trop sucré pourtant…) pour profiter du ponton en question, selon moi un des mieux placés du village car il est le plus à l’écart.

Bon… On n’est pas là pour faire trempette ou regarder les étoiles, mais pour visiter Tikal ! Alors on y part le matin, le plus tôt possible, c’est le mieux. En partant à 5H du matin de El Remate (50Q l’aller-retour, comptez un peu plus depuis Flores), le temps de faire les arrêts aux différents hôtels, le trajet et la queue à la billetterie, on est effectivement aux portes du parc à 6H, heure d’ouverture « officielle ». Il faut débourser 150Q pour rentrer dans le parc.

Ces heures matinales sont géniales car il n’y a pas grand monde dans le parc, il ne fait pas trop chaud, la lumière est sympa pour les photographes (bon, moi, mes photos sont moches dans tous les cas) et surtout il y a beaucoup d’animaux visibles ! Le vacarme des singes hurleurs est impressionnant. Les singes araignées sont visibles aussi très haut dans les arbres, alors que les dindons ou les coatis traînent partout et ne sont pas très sauvages.

Ayant laisse mon Pokédex à la maison, je ne regrette pas d’avoir acheté pour 20Q le plan à l’entrée du parc, il donne quelques infos sommaires sur les différentes bestioles qu’on croise ici ainsi que sur les différentes constructions. Autre détail qui rend le repérage plus simple, les bâtiments ne portent pas forcément un nom à la con mais sont numérotés : soit par des chiffres pour les principaux (temple I, temple II…) , soit par des lettres (groupe F, groupe R…) pour les ruines aux formes plus indistinctes.

Sans refaire tout l’histoire de Tikal, qui est de toute façon disponible sur la page Wikipedia qui va bien, on peut dire un mot sur les principaux points stratégiques du site. En commençant par la place centrale, impossible à rater, encerclée de deux des plus célèbres pyramides (le Temple I et le Temple II) et de deux acropoles, la centrale et la nord. Il est possible de se balader sur ces différents bâtiments, excepté le I.

Guatemala 24En haut du Temple II. La tête d’ours, c’est pour éloigner les jaguars au cas où.

Le premier, qui est le plus grand et l’emblème typique des lieux, était dédié au seigneur Jasaw Chan K’Awil, tandis que le second était celui de son épouse. Je vous conseille d’y aller dès votre entrée dans le parc pour pouvoir les admirer tranquillement, car dès que l’affluence arrive c’est envahi de monde.

Guatemala 21Le Temple I, vu depuis l’acropole nord.

Guatemala 22L’acropole nord, vu depuis le Temple II.

A l’extrémité ouest, on trouve ensuite le Temple IV. Le plus grand de tous avec ses 65 mètres. On peut monter en haut (mais pas monter en bas) et c’est à faire : sa hauteur et sa position en font un point idéal pour voir les autres temples, ou du moins ce qui dépasse des arbres. Une vue particulièrement intéressante aux premières lueurs du jour. Certaines agences vendent d’ailleurs des packages (300Q) qui permettent d’avoir en plus de la classique visite guidée, une entrée dans le parc avant l’heure officielle, pour venir observer le lever du soleil d’ici.

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Pour les plus cinéphiles d’entre vous, cette vue pourrait également vous rappeler quelque chose… Et pour cause :

Guatemala 25SW

Et oui, c’est du haut de ce Temple IV qu’une scène a été tournée dans le tout premier Star Wars, en 1977. Tikal servait alors de décor à une base rebelle de la planète Yavin 4. Je sais, la lumière était plus belle ce jour-là, merci.

Un petit dernier et ce sera le Temple VI. Rien d’extraordinaire en soit, c’est un des moins restaurés du lot. Il est par contre vraiment à l’écart du reste, il faut bien une grosse demi-heure de marche depuis les bâtiments les plus proches (la Plaza Este en l’occurence), et ce qui est génial c’est que cette distance fait qu’il est généralement boudé par les visites de groupes, en particulier ceux avec des retraités. Le trajet a vraiment l’air interminable, je me suis même demandé si j’allais pas finir par arriver au Belize. Je n’ai croisé quasiment personne sur le chemin, à l’aller comme au retour, et il y a un petit côté Indiana Jones à marcher ainsi au milieu de la jungle, avec pour seule compagnie les cris d’animaux invisibles, et à tomber tout à coup sur un site maya abandonné…

Guatemala 27Surtout quand en + y a des pièges du genre sur la route quoi…

Après avoir vu tout ça, les plus passionnés compléteront peut-être leur visite de Tikal par un autre parc à proximité : Uaxactun. Pour ma part, après un petit tour au musée qui est inclus avec le billet d’entrée, j’ai bouclé ma visite (en huit heures quand même, et avec un bon rythme) et c’était suffisant.

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Le musée expose surtout des pierres qui soit doivent être protégées particulièrement, soit appartiennent à des bâtiments qui n’ont pas encore été entièrement découverts. Les fouilles continuent en effet de manière permanente ici, et il y a fort à parier que si j’y retourne dans cinq ans, dix ans, je verrais des nouveautés !

Après une dernière nuit de repos, direction l’aéroport de Flores pour un vol intérieur vers Guatemala City, l’occasion de tester la compagnie nationale, TAG Airlines. Un vol agréable en dépit de la gueule de l’avion.

Guatemala 30Si si, ça vole.

Mon vol retour en Europe incluait une longue escale à Mexico, l’occasion d’aller faire une petite balade en ville et d’en avoir un bref aperçu. On se quittera donc sur ces quelques photos de la capitale mexicaine :

Mexico, Mexico. Mexiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…

Les bonnes adresses :

Mon Ami : j’en ai déjà beaucoup parlé dans l’article. Bonne adresse pour les francophones donc. A noter : ils acceptent d’être payés en quetzales, en euros, en dollars – même si le taux n’est pas très favorable, ça peut dépanner. Et autre détail, ils notent tout ce que vous prenez, que ce soit à boire, à manger, des souvenirs, des réservations de shuttles, ou la chambre elle-même ; et vous payez tout au check-out. Un système basé sur la confiance et pratique, même s’il vaut mieux vérifier la note avant de payer du coup…

El árbol : j’ai testé deux restaurants d’El Remate, et celui-ci a eu davantage mes faveurs. Une bonne adresse pour tester le pepián, une spécialité guatémaltèque, tandis que les végétariens se régaleront avec le curry verde. Il faut simplement ne pas être pressé, car tout est fait maison et à la demande. Nous étions cinq et nous avons été servis en cinq fois, même pour ceux qui avaient commandé le même plat, la carte n’étant de toute façon pas très grande. Mais c’était délicieux, et pour pas cher en plus !

 

Le point budget :

Complètement biaisé par le prix ridicule des billets d’avion, puisque ce voyage m’a coûté en tout un peu plus de 600€. Ce que la plupart des gens paient seulement pour le vol justement. Dans le détail ?

– 150€ pour l’aller-retour Amsterdam-Guatemala ;
– 30€ pour les escales à Mexico… incluant le formulaire que j’ai dû faire refaire aux services de l’immigration après avoir réussi à la perdre sur une escale de cinq heures à l’aller ;
– 90€ pour les logements ;
– 50€ pour les visites : les volcans, les parcs…
– 60€ pour les achats de souvenirs, cartes postales… Somme qui inclut principalement un litre de l’excellent rhum local, le Zacapa 23, moins cher qu’en France – même si les économies n’ont rien à voir avec celles que j’ai faites à Cuba ;
– 160€ pour les transports sur place, dont la moitié environ pour le vol retour de Flores à la fin : une option onéreuse par rapport au bus mais indispensable avec un timing aussi serré ;
– 100€ environ pour manger et boire sur place.

Evidemment, il faudrait rajouter le coût du voyage jusqu’à Amsterdam, mais les sommes en question sont plus ou moins noyées dans les 450€ qu’a coûté le long week-end néerlandais…

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