L’antique Antigua

Pour ces dernières vacances de l’année 2017, comme en novembre dernier avec le tryptique Rome – Afrique du Sud – Thaïlande, c’est une fois de plus une erreur de prix qui a guidé mon choix de destination. Six mois plus tôt, l’excellente compagnie Aeromexico proposait des vols à 150 euros pour le Panama, le Salvador, et le Guatemala. Ce dernier a eu ma préférence, même si d’autres destinations étaient disponibles pour quelques billets supplémentaires (Cancun, La Havane, Bogota ou Lima). Dire qu’au départ je voulais aller en Islande…

Seule contrepartie, ces vols décollaient d’Amsterdam. D’où l’article précédent et l’enchaînement entre les deux !

Et le récit dans tout ça ? Commençons par Guatemala City. La capitale du pays a, outre son nom original, une réputation assez glauque. Exceptés deux ou trois musées, elle n’a pas vraiment d’intérêt pour un touriste, ni historique ni culturel, et concentre à elle seule une très grande partie de la délinquance dans le pays. Avec un taux de criminalité compris entre 38 et 45 pour 100.000 selon les sources, le Guatemala est considéré comme le sixième pays le plus « dangereux » du monde… Précédé, pour les curieux, par le Honduras, le Salvador, le Venezuela, la Jamaïque et le Belize.

Ma première étape sera du coup Antigua. L’ancienne capitale du royaume du Guatemala a perdu son titre après avoir été ruinée à plusieurs reprises par des tremblements de terre, et c’est celui de 1773 qui sonna le glas du transfert pour la capitale actuelle. Le séisme le plus important de la période récente date de 1976 et a surtout détruit des églises qui, pour certaines, n’ont pas été restaurées aujourd’hui.

Antigua aura été mon coup de coeur du Guatémala. Un savant mélange entre Rome et Trinidad. La première, pour son nombre d’églises justement, plus d’une trentaine – ce qui est énorme par rapport à la taille de la ville. Et la seconde avait été mon coup de coeur à Cuba ; j’ai retrouvé ici tout ce qui fait le charme de ces villes coloniales, les rues pavées, les maisons colorées, une place centrale agréable…

Guatemala 1

La Merced est l’église la plus connue. C’est l’une des plus anciennes, et ses murs jaunes la rendent reconnaissable entre mille (enfin, trente). L’intérieur est beau aussi… même si en réalité, tout ce qui avait de la valeur a été transporté à Guatemala City, au cas où une nouvelle catastrophe naturelle arrive.

Autre emblème de la ville : l’arche Sainte-Catherine ! Un grand classique des décors de carte postale. C’est très joli, comme vous pouvez le voir sur cette superbe photo :

Guatemala 2-0

… qui n’est pas de moi. Car malheureusement l’arche était en travaux au moment de mon passage :

Guatemala 2

Troisième et dernier incontournable selon moi en ville : le Cerro de la Cruz. Un point de vue depuis les hauteurs de la ville auquel on accepte très vite, qui permet d’avoir un bon aperçu de la cité et des volcans qui l’entourent.

Guatemala 3

Le volcan Agua n’est situé qu’à une dizaine de kilomètres au sud de la ville, et du haut de ses 3.760 mètres est visible de quasiment partout ! Ce qui en fait un bon point de repère qui remplace avantageusement le boussole de l’Iphone si vous êtes perdus. Il est heureusement inactif… contrairement à Pacaya ou au Fuego. Ces deux-là font partie des trois volcans en activité au Guatemala, pays où l’on en recense plus d’une trentaine. Et ils sont tous les deux relativement proches d’Antigua. Le troisième, le Santa Maria (ou Santiaguito), se situe plus à l’ouest, vers Quetzaltenango. Impossible de s’aventurer seul, sans guide, sur ces mastodontes : c’est interdit… Mais bonne nouvelle : avec un accompagnateur accrédité, on peut !

Pour être précis, il est impossible de monter le volcan del Fuego. En revanche, son voisin immédiat, l’Acatenango, est autorisé. Ce troisième volcan le plus haut d’Amérique centrale culmine quasiment à 4.000 mètres ; il offre une vue imprenable sur les éruptions fréquentes du Fuego. Son ascension se fait généralement sur deux jours avec la nuit sur place : pour mieux profiter du spectacle de la lave qui rougeoie, mais aussi parce que l’aller-retour en une journée demanderait une sacrée condition physique. Même sur deux jours en fait.

Guatemala 4

C’est pour cette raison que je me suis contenté de Pacaya. En comparaison, c’est un bébé volcan avec ses seulement 2.552 mètres. L’excursion est vendue entre 60 et 70 quetzales au départ d’Antigua et ne prend qu’une grosse demi-journée : une heure de bus, puis une heure et demie de montée raide mais assez courte (pas de comparaison avec quoi que ce soit, merci). La plupart des guides vous conseilleront d’y aller le matin, pour mieux voir les alentours avec moins de chances d’avoir des nuages. Why not. J’ai choisi l’après-midi pour plusieurs raisons : la première est que c’était un poil moins cher, la seconde que je voulais pas rater le petit-déjeuner qui était inclus dans le prix de la nuit de mon hostel. Bon. Mais ces considérations auvergnates mises à part, je pense que l’après-midi peut être un bon choix pour deux raisons :

– la première, c’est que tout le monde lit les mêmes guides que vous, et tout le monde va privilégier le matin. C’est mathématique, il y aura donc moins de monde l’après-midi : à la fois moins de groupes et des groupes plus petits !

– la seconde, c’est que même en partant à six heures du matin (je n’ai pas vu de départ plus tôt), vous louperez le lever du soleil. Alors qu’en partant à deux heures de l’après-midi, vous assisterez au coucher du soleil qui, même avec les nuages, vaut selon moi le détour :

Guatemala 6

L’autre bonne raison de s’attaquer à l’ascension du Pacaya, c’est qu’une surprise vous attend au sommet. Enfin, surprise… Là encore tous les guides en parlent, et vous serez spoilés dès que vous aurez fini ce paragraphe, mais tant pis. Vous allez marcher sur de la roche volcanique, des pierres noires qui pour certaines sont assez brûlantes (pas forcément celles en surface, mais celles juste en-dessous). Les guides creusent des « trous » qui vont bien en dégageant deux-trois pierres, distribuent des bâtons, des marshmallows : et voilà, vous vous retrouvez à faire griller des chamallows sur un volcan en activité, à la chaleur de la lave ! Classe ou pas classe ?

Guatemala 5

Avec le recul, j’ai vraiment aimé ces deux jours passés à Antigua. L’ascension du Pacaya, en compagnie d’un groupe sympathique et d’un guide intéressant, sera sans doute mon activité la plus marquante du Guatemala alors que la ville elle-même m’a plus pour son charme, ainsi que pour quelques découvertes culinaires sympas (voir plus bas). Les locaux y étaient très sympathiques et on s’y sentait vraiment en sécurité, bien loin de l’image que l’on peut parfois avoir du Guatemala chez nous.

La suite se passe sur les bords du lac Atitlán. Mais c’est (déjà) une autre histoire !

Les bonnes adresses :

Rendons à César ce qui est à César, pour cette première étape je me suis énormément basé sur l’article d’un blog trouvé par hasard, celui de Juju la routarde. On a visité à peu près les mêmes choses, y compris celles qui ne sont pas citées ici parce qu’elles ne m’ont pas marqué plus que ça (comme les lavoirs de Tanque la Union) ; mais on a surtout mangé à peu près aux mêmes endroits. Je n’aurais pas forcément remarqué les deux adresses qui suivent sans son récit, alors merci à elle !

Choco Museo : un nom quelque peu trompeur car la partie Museo est assez réduite dans cet établissement qui fait surtout office de boutique ou de coffee-shop (« chocolate-shop » du coup?). Malgré tout, la petite exposition sur la culture et l’utilisation du cacao se révèle assez intéressante. Mais le mieux reste encore de s’asseoir dans leur superbe patio et de se commander un quelconque dessert au chocolat et pour boire, un chocolat chaud/froid selon votre goût et la météo (moi je l’ai pris froid). Prix corrects, cadre agréable, qualité au RDV ! Je n’ai hélas rien acheté : étant au tout début du voyage, je me voyais pas trimbaler du chocolat dans mon sac à dos pendant quasiment deux semaines…

Guatemala 7

Toko Baru : à proximité de l’église de San Francisco El Grande, un petit resto difficile à repérer si vous ne le cherchez pas spécifiquement. Erreur ! Car c’est l’un des moins chers de la ville, au moins par rapport à ses deux concurrents directs qui servent eux aussi des spécialités indonésiennes ou indiennes. Les plats sont à 35 quetzales environ. Il vaut mieux aimer les épices, mais il y a du choix, et on vous sert trois sauces pour accompagner le plat (de la plus à la moins forte, selon votre palais). Les amateurs de bières et les végétariens sont aussi servis et même bien servis par le patron néerlandais, qui s’est assis à ma table pour parler football la moitié du repas…

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