Miami sans être expert

Miami… Étrangement, c’est sans enthousiasme que j’y allais. C’est surtout un point de passage obligé, puisque notre avion arrivait et repartait d’ici. Mais avant d’y aller, je n’ai pas une super image de la ville. Elle ne me paraît pas avoir vraiment d’âme, d’histoire, d’attraction incontournable, contrairement à beaucoup d’autres villes aux Etats-Unis que j’aimerais visiter : New York, la Nouvelle-Orléans, Chicago, Seattle, Austin…

Nous avons fait deux étapes dans la capitale. La première à l’arrivée, où nous débutâmes par Miami Beach et un hostel plutôt… sommaire. Et la deuxième avant le retour au bercail, après neuf jours de tour de Floride au volant de la Mustang Cabriolet aperçue dans les articles précédents, où cette fois nous étions dans un hôtel du centre de Miami. Les deux villes sont en fait séparées, et même si des lignes de bus font la jonction entre les deux, le plus simple est de louer un logement aux deux endroits si l’on veut vraiment visiter l’une et l’autre.

Que dire sur Miami Beach ? Elle porte bien son nom. La ville s’étire tout en longueur, bordée par une plage, il faut bien l’avouer, très agréable. Le bord de mer et notamment la célèbre Ocean Drive est un amas bling-bling de bars, de restaurants, de boîtes de nuits et d’hôtels de luxe ; on y trouve aussi des villas de stars (Shakira, Jean-marc Morandini…). Pour des hébergements plus économiques comme les nombreuses auberges de jeunesse, il faut plutôt s’enfoncer dans les rues parallèles.

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Pour le reste… Alors nous n’avions qu’un jour complet sur place finalement, nous l’avons occupé par une marche matinale en bord de mer, deux pauses-repas sur Ocean Drive, et une longue session plage pour faire le plein de vitamine D entretemps. La pause aura surtout servi à rentabiliser le tube de biafine acheté avant de partir. Miami Beach compte également une rue qui ravira les amateurs de shopping – donc pas moi, Lincoln Road ; et un quartier plus pittoresque où se trouvent plusieurs immeubles au style Art Deco, Architectural District, qui se situe essentiellement sur Collins Avenue. Nous le traverserons le lendemain matin, en allant récupérer notre petite décapotable de location.

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Après avoir arpenté le sud de la Floride, une petite partie de l’ouest et les parcs d’Orlando, nous revenons donc à Miami en fin de séjour, côté « ville » cette fois. Un bon moyen de découvrir son hypercentre : le MetroMover !

Le déménageur de métros ?

Pas tout-à-fait : ce sont trois lignes de métro aérien… et c’est gratuit ! Les trois lignes font des boucles dans un petit périmètre autour du quartier de Downtown. Ça peut parfois être pratique pour se déplacer mais même sans en avoir l’utilité, le prendre permet d’avoir un bon premier aperçu de la ville. Et même sans valoir les attractions d’Universal, c’est amusant d’être si haut et de passer entre (voire dans) les immeubles à bord de ce wagonnet automatique, sans chauffeur. Certaines stations sont connectées au réseau du vrai métro, qui compte deux lignes dont une qui va jusqu’à l’aéroport.

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Après une petite balade le long de la baie, je profite justement du MetroMover pour me rapprocher de Wynwood Art District. Le quartier du street art. Quasiment toutes les maisons, tous les commerces, sont recouverts de fresques murales plus ou moins réussies. Ce n’est pas forcément mon truc à la base, mais c’est toujours sympa à voir. On trouve aussi dans le coin plusieurs galeries d’art contemporain, des ateliers… De quoi s’occuper pour les passionnés.

Graffitis & galeries, un bon résumé du quartier de Wynwood…

Vient ensuite Little Havana, le quartier que je voulais absolument voir. C’est ici que sont regroupés tous les exilés cubains qui ont fui le régime de Castro après la révolution. On y parle davantage espagnol qu’anglais, on y sert des mojitos pour accompagner la bouffe cubaine à l’honneur dans les cafeterias, on joue aux dominos, et la musique latine tourne en boucle dans la plupart des commerces. Parfait, voilà qui va me rappeler mon voyage de début d’année !

Sauf qu’en réalité… La petite Havane est sans doute une visite incontournable pour qui n’a jamais vu la grande. Il faut reconnaître que l’ambiance n’est pas la même qu’ailleurs à Miami et ça peut donner un bon aperçu de ce qui vous attend si un jour, vous partez explorer l’île des Caraïbes.

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Difficile de se croire à La Havane avec un McDo en plein milieu… 

Pour ma part, j’ai seulement trouvé que c’était Cuba, avec moins de musique, moins de gens qui vous parlent sans raison dans la rue, moins d’odeur de cigares, plus de gens qui parlent anglais, des Chevrolet ou des Ford récentes sur la route, des McDo, BurgerKing ou Subway errigés entre deux restaurants typiques. Bref, Cuba sans tout ce qui fait le charme de Cuba. Les prix au passage se rapprochent davantage de ceux de Miami : ils sont loin nos mojitos de Trinidad à 1,50 CUC… Seul petit détour enthousiasmant, le musée de la baie des cochons, qui n’est pas immense mais gratuit (!). Géré par une association d’anciens combattants, il ressemble davantage au local d’une association qui exposerait ses souvenirs de l’épopée qu’à un vrai musée, mais dans son genre c’est instructif aussi.

Le soir, après n’avoir pas réussi à faire cadrer mon premier voyage aux States avec les matchs à domicile des Los Angeles Lakers, je vais enfin découvrir une ambiance de sport US ! Et en cette période estivale, ce sera du baseball. Les Miami Marlins sont loin d’être la meilleure équipe de MLB, ni la plus populaire d’ailleurs. Mais ils ont des moyens, comme le montre leur stade – le Marlins Park – très moderne, fermé et climatisé. Ils reçoivent ce jour-là Philadelphie et… prendront une branlée (2-5). Qu’importe, ça m’a permis de découvrir l’ambiance particulière qui règne pendant ces matchs, et ce sport lui-même au passage. A voir au moins une fois… Mais pas sûr que j’y retourne, c’est assez chiant quand même. Idéalement, si ça avait été la bonne saison, j’aurais préféré voir du basket ou du football américain. La NBA me plairait peut-être davantage, mais les Miami Dolphins auraient pu valoir le détour également. Pas seulement pour le foot.

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Enfin, histoire de bien rentabiliser le temps passé sur place, je profite d’un vol retour tardif pour trouver une occupation en ce début de dernière journée sur place. N’ayant plus trop d’idée de ce qui mérite d’être vu dans un périmètre proche du centre, je me fie à Tripadvisor : les « musées et jardins Vizcaya » sont classés en première position des choses à voir ou à faire à Miami. Diable ! C’est au sud de la ville, à une distance de marche raisonnable de l’hôtel, alors allons voir.

La villa Vizcaya est en fait une immense baraque construite il y a un siècle, une folie de milliardaire qui voulait s’offrir une habitation dans un style renaissance européenne. Elle est entourée de jardins immenses qui, toutes proportions gardées, m’ont un peu rappelé ceux de Versailles.

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La demeure elle-même est effectivement très belle, et les alentours encore plus. Mais contrairement à celles d’Hemingway à Key West ou d’Edison à Fort Myers, elle n’a pas appartenu à une quelconque célébrité et au-delà de la superbe apparence, la visite n’est donc pas particulièrement marquante, comme les deux autres l’avaient été. Même s’il a fait appel à de célèbres architectes ou décorateurs de l’époque, il manque cette fois l’âme de l’artiste ou du génie. Son prix d’entrée (18$) comme sa première place sur mon site de feedback préféré me paraissent quelque peu usurpés. A moins qu’ils ne soient révélateurs, finalement, du peu d’intérêt que Miami a à offrir aux visiteurs comme moi. La ville de Dexter et d’Horatio Caine aura hélas confirmé mes craintes initiales !

 

Les bonnes adresses :

Prime Time Cafe (Miami Beach) : autant que vous le sachiez, où que vous alliez sur Ocean Drive, vous paierez avant tout le nom de la rue et la vue sur la plage – et donc trop cher pour ce que vous avez dans l’assiette ou dans le verre. A quelques pas de notre auberge de jeunesse, qui elle ne figurera pas dans les bonnes adresses, le Prime Time est un de ceux qui offraient les tarifs les moins assassins. 8$ la bouteille d’eau minérale ou 8$ la bière en bouteille, par exemple (vous savez quoi choisir…). On y mange pas trop mal et on a eu la surprise d’avoir un cocktail offert à la fin du déjeuner !

Hampton Inn & Suites by Hilton (Miami) : il fallait finir sur une bonne note et un hôtel relaxant pour se remettre des émotions du roadtrip. Avec sa piscine rooftop, son spa, sa salle de sport, son bar, ses chambres grandes et confortables, et surtout son petit-déjeuner extraordinaire, cet Hampton Inn a rempli sa mission. Il était situé à Brickell, dans un coin tranquille, à quelques pas de la ligne de métro directe pour l’aéroport, du MetroMover ou encore du front de mer. Idéal !

Le bilan :

Ça doit se ressentir à la lecture mais par rapport à d’habitude… Il est un peu plus mitigé !

Des moments géniaux – les parcs d’Orlando – ont alterné avec des passages plus dispensables – Miami en tête – et dans le reste, il y avait à boire et à manger. La plupart des visites culturelles (Hemingway, Edison, Dali…) étaient vraiment intéressantes, la route des Keys vaut le coût à elle seule, et les plages de Floride que nous avons pu tester étaient très agréables. Un peu bondées en ce qui concerne Miami mais un peu plus au nord, Palm Beach est très bien par exemple. Faut juste faire attention de pas déranger les tortues qui ont pondu :

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Dans les points négatifs, on peut déjà citer une météo capricieuse, qui nous a privés des plages côté Golfe du Mexique ou du coucher de soleil de Key West. Une visite des Everglades que j’imaginais un peu mieux. Et même si les comptes ne sont pas encore bouclés (on attend la facture du télépéage par le loueur…), je sais déjà que ce voyage va me coûter aussi cher que mes deux derniers gros voyages additionnés : le trip « erreur de prix » thaïlando-sud-africain, et la virée à Cuba.

Peut-être que le voyage était aussi un peu trop organisé à l’avance, minuté, mais la Floride n’est pas forcément une destination qui se prête trop à l’improvisation. Encore moins en pleines vacances scolaires d’été ! Toujours est-il qu’entre le manque de spontanéité/d’imprévus, et un coût assez élevé, il souffre forcément de la comparaison avec les deux cités plus haut, ou avec mon premier passage aux Etats-Unis côté ouest. Ce fut un voyage sympathique, c’est le mot, mais pas extraordinaire. Pour améliorer ça, si je devais le refaire, je zapperais probablement toute la partie à Miami, louerais une voiture dès la descente de l’avion et jusqu’au vol retour, et profiterais du temps ainsi gagné pour rester plus longtemps sur la côte ouest ; faire un deuxième jour à Disneyworld ; et visiter Cape Canaveral, la base de lancement de la NASA, qui aura été la principale sacrifiée dans ce programme une nouvelle fois trop contraint compte tenu du temps sur place !

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