Florilège de la Floride

La Floride… Beaucoup la résument à Miami et à Orlando, et je mentirais si je disais que ces deux villes n’étaient pas sur ma route pour ce nouveau road trip américain. Elles seront d’ailleurs les thèmes de mes deux prochains articles ! Et dans celui-ci, du coup ? Et bien, comme son nom l’indique, un concentré non exhaustif de tout ce qu’il y a à voir d’autre dans le Sunshine State.

Première étape : les Keys. Tout au sud de l’Etat, cet archipel compte plus d’un millier d’îles dont les principales sont reliées par une route, la bien-nommée U.S. Route 1, qui longe toute la côte est des Etats-Unis jusqu’à la frontière canadienne.

Nous passons deux jours complets à explorer ce coin et le premier sera consacré à la partie nord de l’archipel, les Upper Keys, avec Key Largo ou Islamorada au programme. Les activités à faire dans le coin sont surtout aquatiques : du bateau, du snorkeling, de la plongée pour explorer la barrière de corail ; nager avec les dauphins du parc animalier…

Bon, sauf que j’ai toujours pas appris à nager.

Restent quand même quelques activités pour ceux qui comme moi préfèrent garder les pieds sur la terre ferme : la visite du musée de la plongée, très complet, intéressant, bien qu’un peu onéreux. Faire une petite balade sur les sentiers du Dagny Johnson Key Largo Hammock Botanical State Park, dont les fondateurs n’ont pas trouvé de nom plus court. Faire un petit coucou à l’African Queen, le bateau original du film éponyme. Et le plus intéressant de la journée : le Wild Bird Rehabilitation Center. C’est un sanctuaire qui recueille des oiseaux blessés, les soigne, avant de les relâcher dans la nature. Certains deviennent des résidents permanents, lorsqu’ils ont un handicap qui ne leur permettrait pas de survivre longtemps dehors. A visiter : il y a des espèces rares, et on peut même faire un bout de conversation avec les perroquets.

Floride 1Quelques résidents du sanctuaire aux oiseaux…

Le lendemain, les choses sérieuses commencent puisqu’on pousse jusqu’à Key West. La route est plus longue, mais très agréable, avec de nombreux ponts autour desquels l’eau s’étend à perte de vue. On emprunte notamment le Seven Mile Bridge, l’un des plus longs ponts routiers du monde qui a été aperçu dans de nombreux films… Mais le seul que je suis capable de citer sans recourir à Wikipédia, au risque de faire hurler les cinéphiles avertis, est Fast & Furious 2.

Key West est le point le plus au sud des Etats-Unis, si bien qu’on est ici plus près de La Havane que de Miami. La fameuse borne qui indique la distance par rapport au voisin cubain fait d’ailleurs partie des incontournables à photographier, tout comme le panneau annonçant le « Mile 0 » et donc le début (ou la fin, selon le sens dans lequel on roule) de la fameuse Route 1.

Autre star locale : le coucher de soleil ! Les touristes se pressent pour l’admirer sur le port pendant que les bars du coin et les artistes locaux mettent en place une ambiance très caribéenne… dont on ne pourra pas juger, pas plus que de la beauté du sunset, puisque la météo était dégueulasse ce jour-là.

Alors que faire quand il ne fait pas beau à Key West ? On visite ! L’allée centrale compte énormément de maisons de style victorien bien préservées, malgré les ouragans qui ont affecté la ville par le passé. The Little White House est une ancienne résidence de vacances des présidents américains, qui a notamment été utilisée par Harry Truman, avant d’être reconvertie en musée il y a une trentaine d’années.

Floride 4Des maisons à Key West…

Mais la star locale est sans aucun doute Ernest Hemingway, qui a habité ici de nombreuses années et y aurait écrit la majeure partie de son œuvre. Sa maison est elle aussi devenu un musée sur la vie de son ancien illustre propriétaire, et la légende veut que les nombreux chats qui peuplent l’endroit soit des descendants du chat de l’écrivain. Chacun est libre d’y croire ou pas…

Floride 2Quelques-uns des fameux chats polydactyles d’Hemingway qui squattent son pieu, peinards

Après les Keys, notre destination suivante sera les Everglades. Un parc national qui abrite surtout beaucoup d’alligators, mais aussi des espèces plus rares comme la panthère ou le crocodile américain. Il existe deux manières de le visiter : au nord du parc, la route 41 relie Miami à Naples en traversant une grande partie du parc : celle où se trouve une réserve indienne, la plupart des attractions touristiques (airboats, circuits faisables en vélo voire en petit tram…), et les rares panthères habitant ici. Et au sud, une route qui relie Florida City à Flamingo : cette partie-là est plus sauvage, elle offre quelques petits chemins de randonnée pédestre sur la route, de beaux paysages, mais hormis les oiseaux il n’y a pas forcément beaucoup d’animaux visibles. On a choisi cette deuxième option.

Le matin, sur les conseils du guide du routard, on visite l’Alligator Farm. Première activité de la journée, l’incontournable des Everglades : un tour en airboat. What is it ? Des hydroglisseurs à fond plat propulsés par une hélice, idéals pour les fonds marécageux peu profonds comme on les trouve ici. Le tour est assez rapide (une petite demi-heure ?) ; dans la première moitié, le pilote va lentement et nous permet de surprendre les alligators et quelques oiseaux dans leur milieu naturel. Dans la deuxième, il se fait plaisir et nous donne un avant-goût de ce qui nous attend à Orlando : on met le casque sur les oreilles, parce que c’est très bruyant, et c’est parti pour une balade à grande vitesse avec des glissades et des virages serrés très sympathiques !

Jusque-là, je ne regrette pas d’être venu.

Ensuite, on visite la ferme qui a un nombre impressionnant d’alligators, des petits bébés tout mignons aux adultes de 3-4 ans, mais aussi d’autres animaux (reptiles en tout genre, perroquets…). Différents shows, tous très courts, sont proposés : un spectacle avec deux alligators, un avec des serpents, le repas des alligators…

Tout ça m’a mis un peu mal à l’aise. Si je m’étais un peu plus renseigné avant, c’est le genre d’endroits que j’évite en général : même si les alligators adorent être les uns sur les autres, surtout les petits, ils sont un peu à l’étroit dans certains enclos. J’ai trouvé certains shows à la limite de la maltraitance, et je doute que le bébé-gator-tout-mignon apprécie beaucoup de passer de main en main parmi tous les touristes pour subir l’épreuve de la photo souvenir. Idem pour les serpents autour des cous.

Floride 5Une (toute) petite partie des alligators de la ferme…

Enfin, et je l’ai appris après, une partie des animaux que nous avons vu dans cet élevage sont destinés à devenir des sacs à main ou des steaks. En gros, c’est un marché passé il y a quelques décennies avec l’Etat de Floride qui pour faire cesser le braconnage, a encouragé la création de ces fermes privées qui d’un côté font leur business, et de l’autre s’engagent à relâcher un certain nombre d’entre eux dans la nature pour assurer la préservation de l’espèce. Alors on peut toujours se dire que sans les structures de ce type, il n’y aurait peut-être plus beaucoup d’alligators en Amérique, et que finalement elles œuvrent pour le bien de l’animal… Il n’empêche qu’en l’ayant su avant, je n’y serais sans doute pas allé.

Ceci fait, on commence la route vers Flamingo. Le premier arrêt sur la route est celui où se trouve le chemin pédestre le plus réputé, l’Anhinga Trail. En ce début d’après-midi, nous y apercevrons deux alligators faisant la sieste et une tortue dans l’eau. Pour en voir davantage, il vaut mieux venir en tout début de matinée.

Les autres points d’arrêts sont sympas pour les paysages, mais plus on descend dans le sud, moins on voit d’animaux – tout juste quelques oiseaux – et plus on est agressés par les moustiques malgré la bombe protectrice qui va bien. Au dernier arrêt, Flamingo, ce sera carrément insupportable.

Floride 6

Au final, si je devais refaire mon tour dans les Everglades et dans un monde idéal, j’attaquerais par l’Anhinga Trail tôt le matin, puis j’enchaînerais avec la partie plus au nord du parc pour voir quelque chose de différent, notamment la Shark Valley qui est vantée par pas mal de guides de voyages. Et à un moment dans le programme, je caserais un tour en airboat avec une société qui ne fait que ça, quitte à payer plus cher pour avoir un parcours plus long et/ou plus privatif : nous étions 25 sur le bateau et certains proposent des formules privées voire semi-privées (avec un dizaine de personnes max) qui peuvent durer jusqu’à une heure.

Délaissons maintenant le sud de la Floride pour s’attaquer à sa côte ouest. Moins touristique, celle-ci offre pourtant des étapes sympathiques et quelques plages considérées parmi les plus belles des Etats-Unis, le golfe du Mexique étant plus calme que l’Atlantique de l’autre côté. Manque de pot, la météo de merde nous empêchera de tester ça par nous-mêmes.

On remplace ça par des visites au frais et au sec, et ça commence par un stop à Fort Myers : c’est ici que Thomas Edison avait sa résidence d’hiver. Vous connaissez Edison ?

Cavani ?

Non, l’autre, l’inventeur. Donc, on peut visiter son ancienne maison. Mais ce n’est pas tout ! Un jour, son voisin décida de vendre sa baraque. Edison proposa alors à son pote Henry Ford de l’acheter. Donc, pour le même prix, on visite aussi la baraque de Ford. Un tour intéressant qui englobe aussi et surtout les jardins (sans doute jolis les jours de soleil), le laboratoire dans lequel il travaillait, et le musée dédié principalement à la vie d’Edison et à ses divers brevets et inventions, mais il y a une partie (plus petite) consacrée aux voitures de Ford aussi. Le tout pour 25$ avec des audio-guides en français, c’est assez rare pour être signalé.

Floride 7Un morceau du laboratoire de Thomas Edison…

D’ailleurs, la langue de Molière est inconnue dans notre deuxième étape culturelle de la côte ouest, j’ai nommé le musée Dali de Saint-Petersburg.

Ah mais t’es allé en Russie aussi ?

Pas du tout : il existe une ville du même nom en Floride. Google Maps pour les sceptiques. Ville connue pour son ensoleillement record aux States : 361 jours de soleil par an. On a réussi à tomber sur un des quatre qui restaient… Bon, ça s’est un peu amélioré en fin de journée, ce qui m’a permis de faire ce superbe cliché du soleil se couchant avec un oiseau au premier plan :

Floride 8Coucher de soleil avec un oiseau au premier plan

Le musée consacré à l’artiste espagnol est quand à lui très complet. Il a été créé grâce à un couple de collectionneurs américains qui ont acquis la collection la plus complète de ses œuvres qui existe aujourd’hui, si bien qu’un passage à Floride est incontournable pour tous ses fans.

Outre les peintures de Dali, le musée accueillait au moment de notre passage une exposition sur le sculpteur espagnol Eduardo Chillida ainsi qu’une expérience de réalité virtuelle assez amusante. On peut aussi signaler l’architecture étonnante du bâtiment qui vaudrait presque le détour à elle-seule, elle donne d’ailleurs lieu à quelques explications au cours de la visite.

Floride 9
Galacidalacidesoxiribunucleicacid (à tes souhaits)

Je pourrais détailler encore, mais si jamais mes explications sur Edison, Dali et Chillida vous ont emmerdé, je vous rassure. Dans le prochain article, il sera question de Mickey, Blanche-Neige, Harry Potter ou encore Homer Simpson. Ce qui est déjà un beau spoiler sur son contenu…

Les bonnes adresses :

Key Lime Pie Factory (Key West) : les ricains sont pas forcément connus pour leur gastronomie, mais les Keys ont une spécialité : la Key Lime Pie, qui est une tarte au citron vert. Tous les sites et tous les blogs vous donnent une adresse pour déguster la meilleure de toutes les îles, et aucun ne donne la même. Alors j’en ai écouté un qui donnait celle-ci, j’y suis allé, j’ai goûté, et c’était pas mauvais. Mais je prétends pas que ce soit la meilleure de toutes vu que c’est la seule que j’ai testée…

The Inn on Third (St-Petersburg) : après trois jours dans un motel correct mais assez impersonnel à Florida City, où se trouvait notre camp de base pour l’exploration des Keys et des Everglades, ce petit hôtel nous a fait du bien. Au risque de perdre mes quelques lecteurs à force de citer des références culturelles pourries, il avait un petit côté du Céleste, l’hôtel de Plus Belle La Vie, avec son faible nombre de chambres et d’employés, sa clientèle d’habitués… Le petit-déjeuner n’avait pas beaucoup de choix mais était frais, et le soir un « social event » permettait aux résidents de se retrouver en buvant une bière ou un verre de vin. Gratuitement. Alors c’est clairement pas ici qu’il faut venir pour trouver des compères pour la nightlife, mais dans son genre, l’endroit a son charme.

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